‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 281 sur 352 · Cité par Vr. Roux, Novum lamen^ 1711, Disc, fr., p · texte numérisé non relu

Cité par Vr. Roux, Novum lamen^ 1711, Disc, fr., p

4. Il s*agit d'un livre qui porte le nom de Richelet, mais dont je ne connais pas d'original français: Die neuste Manier fr. zu reden, Hambourg, 1710. La préface en tout cas, est allemande.

5. « In derselben (fr. Sprache) eine sonderliche Douceur und Annehmlichkeit anzutreffen ist, wie denn eine jedwede Sprache ihre besondere EigenschafTt an sich hat und gesagt wird : cum mulieribus loquendum esse Gallice, mit einem Frauenximmèr mQsse man PrantzÔsisch reden, das ist lieblich und freundiich, cum hostibus vero loquendum esse germanice. »

RÉSULTATS. LE FRANÇAIS ET l'eSPRIT ALLEMAND 359

Erman et Reclam ont résumé plus tard avec beaucoup de tact et d'impartialité quel fut le rôle de ces gouvernantes françaises qui semblent n'avoir enseigné qu'à parler. Elles « ne formoient pas des François ou des Françoises, disent-ils, elles ne détruisoient point dans leurs élèves le caractère national..., mais elles lui donnoient cette forme sans laquelle ce qui est bon n'est pas toujours ce qui plait, et l'on peut dater du tems du Refuge l'époque d'une révolution avantageuse qui s'est faite dans le Brandebourg par raport à la douceur et la politesse des mœurs ^ »

Un moderne, placé plus loin des faits, juge de plus haut encore : « De même, dit- il, qu'au début du xvi® siècle, l'étude de l'antiquité amena une puissante révolution dans notre vie intellectuelle et un enrichissement considérable de notre provision d'idées, ainsi l'action éducatrice, qui dura près de deux siècles, de la culture française, antérieure et très supérieure à la nôtre, eut pour effet, non seulement de civiliser notre vie extérieure, mais encore de relever notre niveau moral et intellectuel et d'affiner l'ensemble de notre âme et de notre intelligence. C'est seulement grâce à cette influence française si vilipendée que nous avons été arrachés au Grobianisme et à la brutalité. C'est seulement en se subordonnant et en se rattachant à cette civilisation brillante, unique et classique en son genre, que le peuple allemand pouvait être soulevé hors de l'assau vagissement et de la triste médiocrité dans lesquels, par ou sans sa faute, il était tombé du fait même de la marche de son histoire. Sans cette école, il eût été inutile de songer chez nous de longtemps à une culture intellectuelle délicate et à une période de littérature classique. Si nous supprimions par la pensée soudainement les termes français empruntés par nous à cette époque, nous constaterions qu'il nous est impossible de nous faire comprendre aussi bien dans le domaine de la sociabilité ou de la vie domestique qu'en matière de science, d'art, ■de commerce et d'industrie 2. »

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