‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 282 sur 352 · CHAPITRE XII ÉCRITS FRANÇAIS EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII ÉCRITS FRANÇAIS EN ALLEMAGNE

Fidélité des orateurs a la langue nationale. — Le goût pourla langue française, quelque vif et général quHl fût, n'amena pourtant à peu près aucun Allemand à écrire ses ouvrages en français. A Texception d'un prince qui osa donner des romans * — un prince peut tout oser — les écrivains eurent le bon sens de comprendrequ'il est impossible de faire une œuvre en langue étrangère, et ceux même qui possédaient le mieux le français restèrent des écrivains allemands 2.

En revanche, le plus grand penseur de l'Allemagne d'alors, Leibnitz, dans l'intérêt de la science, voulut se servir de la langue qui venait de ravir au latin l'universalité. J'aurai plus loin l'occasion de montrer qu'il aimait sa langue allemande et voulait la cultiver^ Mais elle ne lui paraissait visiblement pas convenir à l'objet trop> vaste qu'il se proposait. S'il n'a pas réalisé son désir d'entrer au service de Louis XIV, ses principaux ouvrages, les Nouveaux essaie sur rentendement, la Théodicée, la Monadologie^ sans parler debeaucoup de ses opuscules, furent rédigés par lui en français^ dans une langue pure, solide et grave.

La correspondance en français. — Si en général les Allemands, ne risquèrent en français ni poésie, ni œuvres destinées au public» du moins un bon nombre d'entre eux eurent la demi-audace démontrer leur français, non imprimé, dans de petits cercles. Dès le> commencement du xvii® siècle, la manie d'écrire ses lettres ea français commença à se répandre. On a vu là une mode créée par la lecture de nos romans. Ce n'est certes pas à l'imitation des bergers de d'Urfé qu'en 1620, le général en chef des armées alliées de Palatinat et de Bohême, le Prince Christian d'Anhalt l'aîné, adressait au Prince-Roi Frédéric un rapport en français sur la perte dela bataille de la Montagne Blanche ^,

1. Ils^agil d'Antoine Ulrich, fils d^Ernesl-Auguste de Hanovre, qui publia un volu> inineux roman à clé Ar&mène^ auquel succéda le roman d'Octavie.

î. Cf. Erman, Élogt de Sophie-Charlotte, !'• part., 26-27.

3. VoirGebauer, o. c, 11-12 ; cf. Id., Die Publizittik ùber den Bôhmiichen Auf»^ tend von i61S, Halle, 1892.

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