‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 311 sur 352 · CHAPITRE PREMIER LA SITUATION AU XVP SIÈCLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER LA SITUATION AU XVP SIÈCLE

Langues et diplomatie. — De l'avis commun de tous ceux qui ont traité du droit international, il n y a point, même aujourd'hui, de langue diplomatique, j'entends par là qu'il n'y a point de langue, ni morte ni vivante, dont les conventions et les usages diplomatiques imposent universellement l'emploi, sans une entente préalable '. Le principe de l'égalité des Etats s'y oppose, car il a pour conséquence que chacun d'eux a le droit de négocier et de traiter en sa langue. Toutefois ce droit n'exclut en fait ni les usages contraires, ni surtout les conventions, par lesquels on s'accorde dans une circonstance donnée à choisir la langue d'une des parties, ou tme langue tierce ^, C'est ainsi que du consentement universel le latin a été si couramment usité pendant tout le Moyen- Age et au xvi^ siècle. Dans les temps modernes, le français lui a succédé. Il a eu le noble privilège d'être adopté dans un très grand nombre d'occasions; depuis plus de deux siècles, il a fourni les formules par lesquelles se rétablissait pour quelque temps la paix du monde, je voudrais rechercher ici quand, comment, et pourquoi il a obtenu cet avantage.

Au XVI® siècle. Les précurseurs. — L'idée que la France ne devait traiter qu'en français avait été lancée au xvi® siècle. « Nous devons estre si jaloux de la décoration de nostre langue, dit Nicolas Pasquier, qu'il nous faut quitter toutes les autres pour ne parler

1. Voir Rivier, Princ. du droit des gens, II, 19; Pradier-Fodéré, Cours de droit diplomatiquey II, 455.

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