Négoc. secr. de Munster et d'OsnabrÛcky III
Audiences et visites. — Dans les réceptions, si nos ambassadeurs faisaient en général leurs harangues en français, ce n'était pas et ce ne fut pas de longtemps une règle. M. de Vautorte écrit encore au cardinal Mazarin le 31 juillet 1653: J'envoie à V. Em. « les complimens que j*ai fait à FEmpereur et au Roi des Romains dans sa première audience. Ils ne sont pas en François, parce qu'ils n*aiment point les interprètes, et qu'ils répondent toujours en Allemand si on ne leur parle Latin ou Italien : l'Ambassadeur de Pologne qui n'entend pas mieux l'Allemand que moi a parlé aussi en latin. » 11 faut observer d'autre part que les envoyés des divers États à Paris parlaient non en français mais dans leur langue ^ .
Quant aux conventions de toutes sortes, elles continuaient le plus souvent à se négocier et à se conclure en latin. Le nombre des pièces latines qu'on pourrait citer est illimité.
Nos Ambassadeurs a Munster et le latin. — C'est dans les conditions qui viennent d'être dites que s'ouvrirent les négociations pour la paix de Westphalie. Lea principaux envoyés de la France à Munster furent le comte d'Avaux et Servien. Le premier, qui était chef de l'ambassade, savait les langues ; « il parloit allemand avec les Allemands, dit Bougeant, et toutes les langues avec toutes les nations *^ » ; cela est exact, malgré la forme de la phrase, qui sent la rhétorique ^. Non seulement d'Avaux écrivait et parlait le latin, ^ mais c'était un homme épris de belle latinité, un cicéronien scrupuleux et superstitieux, qui faisait vanité de son purisme ^y
1. « Lorsque l'ambassadeur commence un discours, qu'il fait ordinairement en sa langue, le Roy se couvre... » {Mém. de Sainctot, introd. des ambass., dédiés à Louis XIV, Ms. fr., 14117, p. 580. Cf. Dum. et Rouss., Cer. dipL, I, 39). Il fallait bien, quelquefois déroger dans les visites faites aux Cours : Le 30 juin 1648, l'ambassadeur de Toscane alla faire visite à Mademoiselle aux Tuileries. — Mademoiselle comprenant mal l'italien, rit au nez de l'ambassadeur, qui dut parler français ; elle causa ensuite très familièrement avec lui et les gentilshommes de sa suite (Locatelli,
Voy. de Fr., 162, n. 4).