‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 326 sur 352 · LE TRAITÉ DE NIMÈGUE · texte numérisé non relu

LE TRAITÉ DE NIMÈGUE

quelques mémoires en latin » (Aff. Etr., HolL, Mem. et Doc, y 40, fo 40 V®). Ce n'est pas présenter les faits exactement. Mais comme Le Dran renvoie à Limojon de Saint-Didier (I, p. 125), il est facile de voir sous quelle influence il a écrit. Il y eut beaucoup d'écritures en français, elles ne furent pas « presque toutes » en français ^ On parlait aussi latin dans les conférences. Limojon de Saint- Didier nous conte lui-même que le 30 janvier 1679, M. Stratman fit un long et très beau discours en latin sur les « prétentions et sur les interests » du duc de Lorraine (o. c, 236). Mais il y a mieux. En ce qui concerne les entrevues officielles, les échanges de vues, nous avons un document positif, un procès-verbal, qu'on invoqua plus tard comme une sorte de règlement d'ordre. Il relate que le français ne fut pas admis par les Impériaux. J'avoue que je n'ai pas trouvé l'original dans les Archives des Affaires Etrangères, mais il y est, ou du moins il y a été 2. Il a été invoqué à Ryswick, il a paru dans les Mémoires et Négociations de la paix de Ry s wick [11^ 13). Moser l'a produit au xviii® siècle, sans soulever aucune protestation. L'authenticité ne peut pas en être contestée. Il nous fait connaître un fait de première importance. « Le Médiateur anglais s'étant exprimé en français s'excusa, quand il vit qu'on lui répondait en latin. » Et après que Tévêque de Gurck^ eut parlé (en latin), le maréchal d'Estrades, s'excusant sur le peu de pratique qu'il avait de cette langue, demanda à Croissy de le remplacer. Celui-ci convint que d'après le style adopté entre la Sacrée Majesté Impériale et son Roi, on ne devait pas en affaires se servir d'une autre langue que de la latine, mais comme il alléguait que la pratique et l'exercice lui manquaient pour la parler couramment, quoique d'autre part il la sût, les plénipotentiaires impériaux s'opposèrent à ce que quiconque dans ce congrès exposât ses vues dans la langue qu'il voudrait *.

1. Je sais qu'on pourrait citer aussi contre ma thèse un passage des Mémoires du Chevalier Temple : « Les voici en françois (des articles relatifs à Nimègue) dans les mêmes termes que nous les leur donnâmes. Ce fut de cette langue que nous nous servîmes dans toutes les conférences, et dans laquelle la plupart des actes de ce traité furent écrits » (Afém., Michaud et Pouj., vol. XXXIl, p. 113). Mais nous veut dire noas autres AngUis ; et la plupart des acles signifie, semble-t-il, la majorité des traités. Ce n'est pas ceci que je prétends contester, comme on le verra par la suite

2. Le Dran, dans son Cérémonial de Nimègue, 1722 (Aff. Etr., HoU., Mem. et Doc... 40, f 89), renvoie aux Archives, vol. du Congrès de Ryswick, où se trouve l'extrait du protocole de la légation impériale pour la signature du traité de Nimègue, à la date du 27 mai 1697.

3. En Carinthie. L'évéque de Gurck était le chef de l'ambassade impériale (cf. Limojon de S.-Did., o. c, 87).

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