LA PRINCE TRIITE POUR LA PREMIÈRE FOIS EN FRANÇAIS AVEC L'EMPIRE
Le traité de Rastatt. — Avant de mourir, Louis XIV devait cependant traiter une fois en français.
On sait de quelle façon fut conclu le traité de Rastatt. Les négociations furent menées en quelques jours par Villars, « à la soldate. » Le 25 janvier 1714, on lui envoyait les propositions de paix préparées par son maître*. Torcy redoutait de longues discussions sur les termes, et Louis XIV avertissait son représentant qu'il avait affaire à un homme qui chercherait tous les moyens d éluder ses engagements à la faveur d'interprétations et d'ergoteries^.
Dans ces conditions, plus que jamais, les termes du traité devaient être soigneusement pesés. Or le prince Eugène, en répondant le 18 février aux propositions françaises par un mémoire détaillé, demandait à Tarticle premier que, suivant le style de sa cour, « si Ton devait faire un traité solennel, il fût, selon lusage, en latin ». Villars tenait que la conclusion en français était un avantage pour son Maître. Il savait aussi, d'après ce que le Roi lui avait écrit, que Sa Majesté eût préféré traiter en français 3. Etait-ce à cause des chicanes et des lenteurs qu'on prévoyait ? Cela est probable, mais je dois convenir que la correspondance ne nous en dit rien. Quoi qu'il en soit, le maréchal envoya au Roi la réponse de l'Archiduc. Le Roi ne fit pas de difficulté. La lettre, qui est aux Archives, porte en marge : « Le roy consent que le traitté soit dressé en la tin ^. »
1. « Quoyqu'il ne soit ny du stile ny vraysemblablement du goust des ministres de la cour de Vienne, dit la dépêche, vous verrez qu'il ne contient aucune condition qui ne soit juste. .. » (AIT. Étr., Autr., Corr., 97, f» 139 v<*) ; Torcy écrit le niènie jour : « Je vous avoue que je crains encore les obmissions, nonobstant toute Tatlcntion donnée à renfermer dans les articles toutes les matières qui doivent les composer. »»
2. Louis XIV à Villars, l" février (f» 211) : « Comptca que le caractère de ce prince (rarchiduc) est tel que s'il luy reste la moindre liberté d'interpréter suivant son génie les engagemens que Testât de ses afTaires le forcera 4e prendre, la paix sera rompue le lendemain qu'on la croira faite. Il est certain que le projet que vous m'avez envoyé luy fourniroit plusieurs prétextes. »