Aff. Étr., Autr., Corr., 97, f
4. Villars écrit au Roi (Rastatt, 6 mars- 1714) : • Il y a trois articles separéa. . . le second sur ce que le traitté n'est pas* en latin conformément a l'usage, pour que d'y avoir dérogé présentement ne puisse tirer a conséquence ny rendre le présent traitté moins solide » (Aff. Étr., Autr., Corr,^ 97, f*5^7). N. B. Le texte du traité joint à la lettre est imprimé en italien.
425 mistÔîrÊ de la langue française
différence ne pourra être alléguée pour exemple, ni tirer à consé-» quence ou porter préjudice en aucune manière, à qui que ce soit, et Ton se conformera à Tavenir à tout ce qui a été observé jusqu'à présent dans de semblables occasions tant à l égard de la Langue Latine que pour les autres formalités, et nommément dans le Congrès et Traité général et solennel à faire entre Sa Majesté Impériale, l'Empire et Sa Majesté Très chrétienne : le prézent Traité ne laissant pas d'avoir la même force et vertu, que si toutes les susdites formalités y avoient été observées, et comme s*il étoit en langue latine *. »
Le Roi accepta traité et article, sans observation. L'Empereur approuva expressément la réserve concernant les droits de la langue latine : Salva de reliquo linguœ latinœ cœterarumque solennitatum alias requisitarum reservatione articulo separato tertio uberius expressa (17 mars 1714).
Comme il arrive si souvent, le fait qui ne devait pas être invoqué comme précédent se renouvela désormais régulièrement ou à peu près. Les préliminaires de Vienne en 1735, la convention de Vienne en 1736, le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748 furent rédigés en français, toujours avec la même réserve et la même reconnaissance théorique de la primauté du latin. Puis, à Hubertsbourg, l'article spécial disparut. On traita en français sans condition ni réserves'-*. Le latin était vaincu.
La survie du latin. — Après de pareils événements la réapparition du latin dans diverses circonstances importe peu. La Chancellerie impériale la fît durer jusqu'aux premières années du xviii^ siècle. Néanmoins, Theure de la fin était désormais marquée. L'Empire même, au nom duquel l'Empereur prétendait parler, n'était plus avec lui. Sans doute, en Diète générale, la tradition se maintenait. Mais il est impossible, dans cette anarchie organisée qu'était l'Allemagne depuis 1648, déparier d'une propension générale. 11 n'y avait désormais dans ce chaos plus rien dégénérai. J'ai montré ailleurs que dès le commencement du xvu* siècle, la Hesse, le Palatinat, Anhalt, Cologne, le Mecklembourg Schwerin étaient pénétrés de notre influence. Elle gagna le Wurtemberg, le Hanovre, le Brandebourg 'K Le Dran a fait un mémoire « sur les
1. Acles^ mémoires el autres pièces aulhenliques concernant la paix d'Clrechl, \\ 393. Cf. Dumont, o. c, 422.
2. L'Empereur communiqua le Traité à l'Empire avec une traduction allemande (Voir HolTmann, Linguas galUcœ jus pablicumt cité par Schwab, o. c, 261. Cf. AIlou, o. c, 399).
3. Kûhs raconte, d'après Pufendorf, qu'en 1659 Tambassadcur français Fritschniann ayant remis un mémoire en français, la cour de Brandebourg répondit en