Excell. de U L fr., I
4. De Goufnay, le 22 may 1682 ; dans Charpentier, o. c, 265, et suiv.
la parle avec beaucoup de politesse, a toujours respondu en François à tous ces Ministres-là, et dans toutes les cours où j'ay esté, la lanfi^e françoise est la langue ordinaire dont on se sert. »
Il n'y a donc aucune exagération dans les affirmations que nous rencontrons de ci de là, à partir de 1676 : « Nos ambassadeurs parlent français partout où ils vont. » Vanité nationale, flatterie au Roi, paradoxe d'un panégyriste attaché à défendre sa thèse, semble-t-il au premier abord. Rien de tout cela, mais seulement une vérité que d'autres témoignages confirment : « La plupart des cours de l'Europe se piquent d'entendre cette langue et de la parler, disait déjà Le Laboureur, et nos Ambassadeurs n'y ont plus besoin d'interprètes ^ »
Si ces témoins sont suspects, pour les mêmes raisons que les autres apologistes du français, voici Wicquefort, qui non seulement est un diplomate de profession, mais un type de diplomate, rigoureux sur les moindres questions de forme et les plus infimes détails du protocole. « La langue françoise, dit-il, a en quelque façon succédé à la latine, et est devenue commune » (o. c, 2« éd., T> 1. II, 33-35). Louis Rousseau de Chamoy écrit de son côté : « Il est vray . . . que la pluspart des Princes et des Ministres avec lesquels les Ambassadeurs de France ont à traiter parlent François, quoiqu'il s'en trouve aussy un grand nombre qui ne le scavent point » {L'idée du parf, ambass,, éd. L. Delavaud, Paris, Pedone, 1912, 24). Les Mémoires nous fournissent toutes sortes de faits qui appuient ces dires. Que M. le Marquis de Villars parle français dans l'audience publique qu'on lui accorde à son arrivée à Madrid, rien de surprenant, c'était l'usage général -. Mais voici l'ambassadeur de l'Empereur, le marquis de Grana, qui vient voir la marquise de Villars. Il passe l'après-midi avec elle, et la marquise note qu'il parle mieux français qu un Français même ^, Au reste, à quoi bon des preuves ? Bayle sourit en voyant Charpentier aligner les siennes dans la lettre que j'ai citée : « L'auteur, dit-il, eût pu se passer de toutes ces autoritez, car elles ne servent qu'à prouver une chose reconnue par toute l'Europe ^. »
Sans doute les faits rapportés plus haut demeurent. Le traité de Nimègue, conclu dans le courant de cette même année 1679, où s'impriment des affirmations si nettes, est en latin. Et il semble