‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 38 sur 352 · Carré, o. c · texte numérisé non relu

Carré, o. c

3. hJntrelien sur les sciences avec la melh. d'éladier^ 2* éd., Lyon, 1694, in-12^

i. Le chapilrc sur la langue vulgaire. De studio lingute vernaculœ, est Tart. III de la 1'* partie, p. 10 de 1 edit. latine de 1711. Paris. Cl. Jombert, et Jos. Mongé, in-12*'. Je cite dans ce qui suit, pour la commodité du lecteur, une traduction française de Ferté, 1892.

connaître le grec et le latin, ils ne doivent cependant pas négliger la langue maternelle, c'est-à-dire le français, en France. Trois choses sont à observer dans cette étude :

1** Puisqu'on explique aux enfants les auteurs latins, et qu'on les traduit en français, il faut y mettre le plus d'élégance possible. Pour cela le maître fera lui-même cette traduction, ou du moins, s'il l'emprunte à un auteur français, il comparera d'abord le latin avec le français, et il apprendra ainsi très facilement ce qui est propre à chaque langue, et quelles sont les qualités et les beautés de chacune d'elles. On suivra la même méthode pour expliquer les historiens dans les basses classes ^

2^ Tous les sujets que les enfants traiteront en français seront rédigés selon les règles de cette langue et exempts de toute faute de langage.

3" On s'appliquera, dans la conversation et dans les entretiens de chaque jour, à avoir toujours un langage correct. Il sera bon quelquefois de rappeler et de critiquer les qualités et les défauts de langage qu'on aura remarqués en lisant, ou que d'autres auront observés 2.

Voilà, dira-t-on, des pratiques bien nouvelles. Le progrès n'est pas niable. Les ennemis de Port-Royal empruntent les méthodes des écoles qu'ils ont fait interdire. Je sais bien que le P. Jouvancy met en garde professeurs et élèves contre les séductions dangereuses des ouvrages écrits en français : « Un jeune maître doit surtout se garder de se trop passionner pour les ouvrages écrits dans sa langue maternelle, surtout pour les poètes, qui lui feraient perdre la plus grande partie de son temps, et même de sa moralité. C'est pourquoi il demandera à la personne qui dirige ses études, ou au recteur du collège, quels sont les livres qu'il doit lire, combien de temps il doit y consacrer. Il doit se persuader qu'il pèche gravement si, séduit par le charme de la langue française ou rebuté par le travail d'une étude plus sérieuse, il emploie le temps que la société destine à apprendre des langues plus difficiles, mais nécessaires, autrement que nos règles l'ont établi sévèrement et sagement ^. »

Il y a dans le livre d'autres conseils qui marquent où on prétend s'arrêter dans les concessions. Elles ne sont faites qu'aux petits.

1. Daus l'explication d*un auteur vous observerez... 1" La propriété des mots français, et leur rapport, s'il en existe, ou leur différence avec les mots latins (Jouv., Jfan. dappr,, 98).

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