‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 39 sur 352 · Ib · texte numérisé non relu

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A eux seuls le maître « in triclinio » tiendra un discours en langue vulgaire. Encore ne doit-il pas mettre plus de huit jours à le pré- "^ parer. Plus haut, Téloquence et la poésie latines reprennent leurs droits. Et même quand ces petits sont mêlés aux grands, qu'on traduit Virgile, Cicéron, Horace, sous la direction du professeur, il serait coupable d'employer un autre langage que le latin, où même les plus petits sont plus capables qu'on ne pense *. L'usage de parler latin doit leur être facilité avec le plus grand soin, et il ne «era pas inutile de leur donner quelques formules toutes faites •dont ils puissent user au lycée, dans leurs visites à leur famille, et jusque dans leurs jeux car nous sommes enclins à dire ce que nous sommes sûrs de dire bien et élégamment ^.

^ Conclusion. Un âge nouveau s'annonce. Il n'a pas commencé. — Qu'est-ce cependant que ces réserves, si sévères et même si ridi- Xîules qu'elles paraissent ^, auprès des prescriptions qui précèdent ? On admettait le français en tremblant, mais on l'admettait ; on se résignait même à en enseigner les éléments, tout est là. Il est bien vrai décidément qu'autour de 1690 le vieil édifice se lézardait de toutes parts. Avec leur sens de l'opportunité, les Jésuites s'en aperçoivent. Les Universités, elles, ne paraissent pas s'en être doutées. Un des plus hardis parmi leurs maîtres prétendit seulement mener français et latin de front, c'est Filz, qui, s'inspirant de la Grammaire générale et de Scioppius, essaya de dégager les principes communs des deux langues pour en faire une étude simultanée, où le fran- ^is est souvent cité en premier '*. Le P. Lallemant, prieur de S*®-Geneviève et Chancelier de l'Université, ne manque pas, dans ime lettre-préface, de marquer les conséquences d'une pareille innovation pour la connaissance du français : « Les enfans (jusqu'au livre de Filz), dit-il, apprenoient assez de préceptes pour bien parler Latin ; mais au sortir du Collège, ils se tçouvoient d'ordinaire fort ignorans en François : Ils n'en savoient que ce que leurs Nourices leur en avoient appris; les mauvais exemples n'avoient fait

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