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monde, on a répété le vieil argument : Le français passera, il passe déjà. Le latin se lit dans Tunivers entier, et il est immortel. Les Mécènes, les ministres du roi eux-mêmes n^étaient pas «ncore bien sûrs que cette théorie fût fausse. Golbert acceptait sur l'état des allocations de 1662 de nombreux écrivains latins. Bourbon, autrefois, avait dû à ses talents une chaire au Collège Royal et un fauteuil académique, Halle une place; Santeuil eut deux pensions, une de Louis XIV, une de TAbbaye de Gluny, sans -compter les feuillettes de ce vin de Bourgogne que la ville de Dijon lui offrait, et dont la perte lui inspirait de si plaintives élégies. Condé le traitait à Chantilly. Il fut reçu à la Cour et admis à réciter devant le Roi un de ces hymnes qui faillirent remplacer dans l'Eglise de France les chants de la vieille liturgie ^ Quoi d'étonnant dès lors que des modernes implacables, comme Ch. Perrault, n'aient pas osé rompre avec la tradition, et aient mis non seulement Santeuil, mais Rigault, Petau, de Valois, au nombre des « Hommes illustres »?
Le Haut-Latjcm. — Toutefois on considérait qu'il y avait alors deux Latium, l'un le Haut-Latium, cime suprême du Parnasse, mieux <|ue cela, Empyrée où trônaient ceux qui n'étaient pas chargés d'enseigner, les purs écrivains. Une fois encore, une Pléiade rayonnait, mais latine, dans le ciel de France. Pour monter à ce faite, on vit P. Petit, de Montpellier, abandonner la médecine en faveur de la poésie et de l'histoire ; Moysant de Brieux se démit de sa -charge au Parlement de Metz, et se consacra aux lettres dans sa ville de Caen, patrie de Mambrun, de Halle, et du fameux Savary, le Du Fouilloux de la latinité, qu'on ne rencontrait jamais sans sa provision de vers dans ses poches. Guy Patin, jusqu'en 1671, ne ■cesse de signaler les pièces et les œuvres qui paraissent au jour le jour, à ses confrères de province, moins bien placés que lui pour -suivre le mouvement.
Cependant, peu à peu, un grand changement s'était produit, ijuand on considère de près la production latine, on s'aperçoit que,7 «auf au théâtre, où les tragédies de collège continuent d'abonder, il^^ oe paraît presque plus de grands ouvrages. Autour de 1630, on voyait naître encore des poésies épiques : la Mauritiade, du P. Cellot{1628), le Moïse voyageur, du P. Millieu (1636-1639), le <2onstantin, du P. Mambrun (1638). Au contraire en 1662, le Scanderberg ^ du P. de Bussière, est un essai presque isolé. Boissat