CHAPITRE VIII CONFÉRENCES, CERCLES ET SALONS
La vie de société. — Dans ces conditions, comment s'est faite la diffusion de la langue littéraire ? D'abord et avant tout, par la vie de société. Si les cercles et les salons Télaboraient, c'était aussi en les fréquentant qu'on en apprenait l'usage. J'ai assez parlé de leur rôle à Paris pour ne pas y revenir et ine contenter de dire que ce rôle fut de première importance. La Cour, en se dégasconnant, dégasconna peu à peu de la ville tout ce qui prétendait l'approcher ou lui ressembler.
* Cours et conférences en ville. — Une part est à faire aussi aux conférences et aux conférenciers. Il a été question plus haut du bureau d'adresses de Renaudot, d'où sortit la presse *. Toutes sortes <ie cours furent faits au public mondain, je lai montré dans le chapitre « Les savants et le monde ))'^. Or, si un cours de chimie, même professé par Lémery, ne servait en rien la langue élégante, il en était autrement de certains autres. L' « Académie des Orateurs » de Richesource, ridicule par certains côtés, n'en formait pas moins une vraie école d'éloquence française. Marguerite Buffet tint une chaire de purisme pour dames. Les clercs, les hommes et femmes du monde trouvaient là ce que les établissements destinés à l'enseignement ne donnaient point.
Le plus célèbre des professeurs fut probablement L'Esclache^. Un moment on put croire qu'il allait enseigner la théologie ellemême en français. S*-Ange avait essayé de le faire chez la vicomtesse d'Auchy. Mais les deux hommes eurent des disputes dont l'Archevêque s'émut*. L'Esclache mit du moins à la modèles leçons de philosophie en langue vulgaire. 01. Lefèvre d'Ormesson a assisté à l'ouverture, le 21 novembre 1 643, et il écrit : « Je fus l'apres disnée, rue Quinquempoix, chez M. Lesclache, qui faisoit trois discours