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plus opposés. Pourquoi un des plus acharnés ennemis de Tinfluence française, Jean-Michel Moseherosch, se laissait-il aller à correspondre en français avec certains de ses amis ? Quel lien invisible rattachait lui aussi à la chaîne d'or de THercule gaulois ?
Cependant il est intéressant de constater que la première protestation allemande sérieuse contre l'influence exercée par la France sur les mœurs et sur la langue de TAUemagne est l'œuvre, sinon d un Strasbourgeois, du moins de cet Allemand implanté à Strasbourg : Les visions admirables et véridiques de Philander von Siitenivald, à travers tout un pédantisme de mots et d'idées, charrient quel- •ques jolies et brillantes paillettes. L'auteur raille les costumes dont hommes et femmes sont affublés, et les sommes qui s'en vont en J'rance « gouffre d'argent et d'or » (Silber und Goldloch), et aussi le déguisement de la langue allemande, que des bigarrures rendent méconnaissable ^ .
Autrefois, dît encore Schill, dans Teutscher Sprache Ehrenkrantz <* nos gentilshommes allemands appuyaient leurs discours de tels mots (il cite une demi-douzaine de jurons teutoniques) ; maintenant on n'entend plus que des par ma foy, Ventre-Dieu^ Corbleu^ mor- J)leu, sambieUy morffoy, etc. En buvant, ils ne disent pas. Dieu vous en fasse profiter! mais, bon prou face^ monsieur ^ à la santé de votre maîtresse^ à toy camarade^ fay moy raison, etc. - »
Les pamphlétaires voyaient juste. Ce qui attirait Alsaciennes et Alsaciens, c'était notre culture. Les sots n'en rapportaient rien que -de ridicule, des apparences, des dehors, des mots. Cela est hors de vdoute et s'est produit de tous temps. D'autres revenaient avec un autre bagage. La France avait produit Corneille, Descartes, et elle avait une société policée.
1. En 1633, avait été fondée à Strasbourg une Société sincère des Sapins {Aufrichiige Tanncngesellschaft), dont la durée fut très brève.