‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 86 sur 352 · Cassagne, Préf. des Œuv. de Balzac, Paris, 1665, p · texte numérisé non relu

Cassagne, Préf. des Œuv. de Balzac, Paris, 1665, p

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naturalisée, et que tous les Princes et toute la Noblesse la parlent plus souvent et plus volontiers que la leur K »

A partir de cette date les témoignages se multiplient. Notre langue « est présentement la plus estimée et la plus universelle de l'Europe », énonce brièvement d' Allais 2. Le Mercure Galant est plus explicite, mais la foi du rédacteur est la même : « L'étendue de la Langue Françoise est digne de la noblesse de son origine, •dit-il. Elle passe les limites du Royaume. Elle ne se borne ny par les Pyrénées et les Alpes, ny par le fleuve du Rhin. On entend le François dans toute l'Europe. La Langue Françoise a son Académie, le Tribunal de ses juges en France ; mais elle a dans les autres Etats des Ecoles et des Maistres qui renseignent ; elle est -connue dans toutes les Cours, les Princes et les Grands la parlent, les Ambassadeurs récrivent, et le beau monde en fait une mode, «t un air de politesse. Elle mérite d'estre ainsi universelle 3. a

« C'est cette beauté et cette douceur de nôtre langue, dit Chappuzeau, qui font que les Etrangers s'empressent de Taprendre, et •comme j*ay veu avec soin toutes les parties de la Chrestienté, il m'a «sté aisé de remarquer, qu'aujourd'huy un Prince avec la seule langue Françoise qui s'est partout répandue, a les mesmes avantages que Mithridate avoit avec vingt-deux. On peut dire que ce bel Estât Académique à trouvé en quelque manière le secret de la Domination universelle, puis qu'il fait régner le François en tant xle lieux, et que dans toutes les Cours Etrangères on se pique de parler comme on parle au Louvre ^. »

Janssaeus, qui était de Rouen, mais vivait à Ratzebourg, où il enseignait k « l'Académie de la Noblesse », témoigne de même : « La langue francoise a succédé aujourd'hui à la langue Latine et à la Greque... elle est devenue si commune qu'on la parle aujourd'hui presque par toute l'Europe, et ceux qui fréquentent le grand monde se font une espèce dé honte de ne la pas savoir. ^ »

Je clos ici la liste. Elle pourrait être beaucoup plus longue. Au commencement du xviu® siècle, il semble que le sentiment

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