‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 98 sur 352 · CHAPITRE II LE DÉBUT DU XVIP SIÈCLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II LE DÉBUT DU XVIP SIÈCLE

A LA COUR DE Jacques I*"^. — Il est cependant assez difHcile, quand on en vient aux faits eux-mêmes, de déterminer dans quelle mesure le goût incontestable des choses de France portait les Anglais du temps à étudier notre langue. Ainsi on nous dit que le roi Jacques I®*^ fit venir Casaubon, P. du Moulin, J. de Schelandre, qu'il avait pour médecin un réfugié, Théodore de Mayerne. Soit, mais c'était, j'imagine, parce qu'il désirait avoir les soins de ce médecin, et s'il attirait à lui des protestants de marque, ce n'était pas pour le plaisir de tenir des conversations françaises ; les affinités religieuses lui faisaient aussi bien appeler des érudits ou des pasteurs d'une autre nation. J. de Schelandre a parlé « des étrangers dont cette cour abonde ». En eiïet quelques aventuriers de lettres y sont venus de partout chercher ce que leur rapporterait une « Stuartide ». Le fait n a rien de spécifique.

Il est hors de doute toutefois qu'un assez grand nombre d'hommes politiques considérables, dont il ne peut être question de faire ici la revue, continuaient à apprendre le français, ainsi cet Herbert de Cherbury, qui fut ambassadeur en 1618, et devint si grand admirateur de notre vie et de nos mœurs; Lord Kensington, qui fut chargé de demander à Marie de Médicis la main d'Henriette de France ; le célèbre Buckingham, etc.

En 1626, Bassompierre était à Londres. On lui fit dire le 6 novembre que « tous ceux du conseil qui parloient ou entendoient le françois » le viendraient trouver le lendemain matin K Un texte comme celui-ci peut être interprété de deux manières, il implique qu'il y avait là des hommes qui ignoraient le français, mais il laisse aussi entendre que plusieurs le savaient assez pour s'entretenir avec un ambassadeur des questions les plus délicates. Les deux conclusions sont également vraies. Et on pourrait émettre une troisième opinion, qui serait vraie aussi, c'est que beaucoup d'Anglais ne savaient le français qu'à moitié. Raleigh, embrassé dans l'escalier par un agentduroi de France, est tout esbrouffé de ses paroles d'honnêteté ; elles coulent si vite qu'il ne suit plus, et force lui est de

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