‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 99 sur 352 · Mém., Mich. et Pouj · texte numérisé non relu

Mém., Mich. et Pouj

recourir à son interprète K Dans une circonstance solennelle, un autre personnage donna des preuves manifestes d'une préparation incomplète. Le contrat de mariage d'Elisabeth, fille de Jacques l®*" et de l'Électeur palatin, fut signé le 27 novembre 1612. Sir Thomas Lake, secrétaire d'Etat, était chargé de lire l'acte en français. Sa traduction était si incorrecte et sa prononciation si bizarre que les assistants éclatèrent de rire. Pour faire cesser le scandale, l'archevêque de Canterbury fut obligé d'intervenir et de réciter une prière 2.

Cependant des hommes de lettres s'étaient mis en mesure de jouir de nos œuvres, ainsi Ben Jonson,qui s'entretenait avec Du Perron de notre Ronsard. C'est pour les uns et les autres que parut en 16H le Dictionnaire de Cotgrave, adressé à « Sir William Cecil, Knight, Lord Burghley ». Il a visiblement été fait, non pas comme tant d'autres recueils, pour des usages pratiques — il n'est pas destiné à des marchands — mais pour permettre à des hommes cultivés de lire nos auteurs, Rabelais inclus ^. C'est une œuvre appropriée à un pays où on s'intéresse à la littérature française *.

Les relations avec l'Ecosse continuaient également. Les contemporains prétendaient qu'il n'y avait pas d'Université sur le continent où n'enseignât au moins un Écossais. En France, les maîtres de cette nation n'ont jamais cessé de tenir une place brillante ^. Ce qui est moins connu, c'est qu'un nombre considérable d'Ecossais ont exercé ou à Sedan ^ ou en France, les fonctions de pasteurs ^.

Il est de toute évidence qu'ils ne pouvaient réussir près de leurs

1. Ch. Bastide, Raleigh et la, France. Extrait de la Rev. Univ.^ 15 avril et 15 mai 1914, 8.

2. Gardiner, History of England, (1603-16i2), 1885, II, 160-161.

Page 1