‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 102 sur 340 · Voyez Tlwoloy/sches LilcrafitrOlatt, 18S6, ii · texte numérisé non relu

Voyez Tlwoloy/sches LilcrafitrOlatt, 18S6, ii

WINITHARIUS. 123

les cliapitres ne sont plus marqués ; ils Télaient du reste avec une grande négligence.

Nous connaissons assez bien l'écriture des principaux copistes de Saint- Gtlll pour pouvoir nommer l'un de ceux à qui est dû ce recueil. On reconnaît l'écriture de Winitharius dans plusieurs parties de ce manuscrit'. En outre, dans la troisième partie de notre manuscrit (p. 422 et suiv.), qui est en grande partie, selon nous, de sa main, les cahiers sont marqués dans le même système que dans les manuscrits signés de lui. Des autres copistes nous ne savons rien, sinon que celui qui a copié les extraits des livres sapientiaux était un Allemand ; son orthographe le fait connaître : il écrit Upro, desauroa, concupinœ, tives, obduret, cabrarum et ebuiis. Au reste, nous n'avons rencontré, dans notre manuscrit, aucune trace d'écriture irlandaise, mais seulement des pointillés autour des initiales.

Nous possédons de nombreux manuscrits, probablement écrits à Saint- Gall à l'époque de Winitharius ou peu après lui, et desquels est sorti le texte traditionnel de Saint-Gall, le texte de Hartmut. Ce sont d'abord les quelques feuillets du premier livre des Rois, paraissant écrits au viii® siècle, que von Arx a recueillis dans un de ses volumes de Miscellanea (ISSB**) -. Dans ces courts fragments, nous remarquons un assez grand nombre de leçons qui ue se retrouvent que dans les manuscrits espagnols ou dans la Bible de ïhéodulfe. Un autre précurseur du texte de Saint- Gall au ix^ siècle est le manuscrit 44, ou plutôt le premier des deux manuscrits conservés sous ce numéro. 11 comprend Ézéchiel, les petits Prophètes et Daniel. C'est sur lui que paraît copié le manuscrit 43. A la page 183 du manuscrit 44, on lit, d'une grosse écriture ronde :

Ego Johannis peccator par misericordiam Dei vocatas episcopus hune librum scribere feci ut sit in perpetuum in monasterio sancti Giliani (2® m. : Ghihani ou Chihani) confessons, et hoc mihi conplacuit addendum ut si ahquis ceca cupiditate exinde eum auferre conaverit, auferat Deus nomen ejas de hbro vite, nisi tantum ad legendum par voluntatem ejus qui preest ahquis petierit et ibi revertat. Et qui hune titulum eradere fecerit, evaeuetur memoria ejus de societate sanctorum angelorum.

Il ne s'agit point ici de saint Kilian, l'apôtre de Wurzbourg. Au viif siècle, le nom du monastère de Saint-Gall s'écrivait à l'ordinaire sancli Galloni ou Galloms. La forme sancti Giliani ne se rencontre que dans deux chartes de 758 et 701. C'est exactement à cette époque qu'appartient notre manuscrit, car l'évèque élu qui l'a fait écrire est Jean II, qui

1. P. 58-lOG, ligue 2; 422-Ô03, 1. 13, et 533, 1. 1-14. Ces passages ne comprennent aucun des extraits de la Bible, mais Vordo lectionum.

2. Il faut joindre aux huit premières pages du ms. 1398' un double feuillet qui est demeuré à la fin du ms. 242. Les pages 9 et 10 du ms. 1398^ contiennent un fragment de IV Rois, emprunté à un autre ms.

124 SAINT-GALL ET l'iTALIE DU >'ORD.

fut à la fois, (le 760 à 781, évêque de Constance et abbé de Sainl-Gall et de Reicbenau.

Un manuscrit tout semblable à celui-ci, quoique écrit d'une écriture un peu plus grosse, et qui compte également parmi les ancêtres du texte de Hartmut, se trouve sous le numéro 28 ; il comprend les livres sapientiaux. Dans les anciens catalogues, ce manuscrit figure comme écrit par un certain Kipand. Cette attribution repose sur une erreur. Sur la garde, p. 265, on voit une figure de moine debout et bénissant, et ces mois : Effigies Kipand (ou Kipandi) scrihx do\cto\ris. Mais le tout est de la fin du ix^ siècle.

Parmi les manuscrits du viii® au ix^ siècle qui sont à la base de la tradition des textes de Saint-Gall, je dois mentionner encore le manuscrit 6, comprenant les Chroniques, Esdras et Néhémie, Tobie, Judith et Eslher, le manuscrit 14, dont nous parlerons plus tard, à propos de Notker Balbulus, et où le livre de Job est partagé en cinq parties, comme dans la bible de Rosas et dans deux manuscrits du Midi ', enfin le manuscrit 12, ou plutôt la partie la plus ancienne de ce volume, comprenant les Machabées.

A la page 336, entre Néhémie et la Passion des Machabées, on lit celte note, d'où malheureusement le nom du copiste a disparu :

Quseso te ut quicumque hune codicem in manu adprehenderis et ad fiuem usque perlegeris, ubi ad istum titulum perveneris ora pro scriptore S... [deux longs mots grattés, dont le second parait être : presbitero) peccatore si in dieni judicii Deum habeas protcctorem. Amen amen amen. Fiat fiât liât.

A la fin du manuscrit, on trouve un texte assez rare dans les manuscrits de la Bible, la Passio Machaheorum, ou quatrième livre des Machabées, traduction d'un texte apocryphe attribué à tort à Josèphe '. Noire manuscrit en est, je pense, le plus ancien document.

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