Voyez la note 2 ci-^dessus
5. I hEiiiiE, IV, 4, S. Gall 83. add. 11852* : Tu quo peregrinantur. — Th., 14, mômes mss. : quoaiam gloriœ Dei spir/tus in roifis requiesc/t {= S. Gall 907). — 1 Jean, ii, 14, les mêmes : Scribo vobis, pafres, quia cognovislis eu m qui a') initio est. Scribo vobis, ju vertes (= B. N. 1. 2. G. 11505; Tlièod. B. N. 93. 11553 de même sauf: adulescentes [93. 11553 : adol.; 11553 om. est]; S. Gall 907 : Scrif)o vobis quia c. e. q. ab i. e. [om. et vi'vbum D. m. in. <>.]; B. >'. 11533 omet la seconde partie du v. 14). — v, 7, les mêmes, S. Gall 72 et 907 et Eins. 1 et 7 : Quia très sunt qui testimonium dant, .spirilus et (oui. 72. Eins.) a'/ua cl sanguis. et très uaum sunt; sicut in ciido très sunt, Pater Verbum et Spirifus, et très unum .sunt. —111 .Iean, 14, S. Gall 907. add. 11852 : Satu'a aniicos per nomen {= arm. lem. am. Thêod. Berne A. 9. Muu. G230. B. N. 4**. 7. 93. 305. 11553).
HAUTMUT. 12<J
pourtant certaines leçons très curieuses ne permettent pas de douter qu'ici encore les textes de lïartniut ne soient en une certaine dépendance de ceux de Winitharius \ Nous pouvons d'autant mieux comprendre à la' fois celte différence fondamentale et ces ressemblances caractéristiques, que nous avons sous les yeux les états successifs par lesquels a passé le' texte de Saint-Gall : il a été établi par voie de correction et de retouche.
La grande bible, n° 75, que nous avons mentionnée en dernier lieu, offre pour nous un intérêt particulier. Copiée sans doute après le milieu du IX® siècle, elle était à Saint-Gall avant 883, c'est-à-dire presque aussitôt. Il n'y a aucune raison de penser que notre bible ait été copiée à Saint-Gall même; elle a été écrite rapidement, par plusieurs mains, probablement sur la commande du monastère de Saint-Gall et dans une abbaye en relation avec lui : non pas à Tours, car on n'y retrouve pas l'écriture particulière de l'école de Tours. Par son texte au contraire, elle appartient à la famille des manuscrits de Tours, et elle prend rang fort près du manuscrit de Berne et non loin de la bible de Grandval et de celle de Monza'. Cette bible a été corrigée deux fois à Saint-Gall au ix^ siècle, une fois par Hartmut et une autre fois par un autre correcteur, qui semble avoir suivi en partie, surtout dans le Pentateuque, un texte semblable à celui de Théodulfe, ou beaucoup plutôt à celui des corrections du manuscrit de 822 (B. N. 11504 et 11505). Nous avons montré plus haut que ce texte est, au fond, un texte méridional. C'est ainsi qu'en arrivant à Saint- Gall, le texte de Tours s'est, pour ainsi dire, croisé avec les textes d'origine méridionale qui y étaient en faveur. Nous verrons, en parlant de la Glose ordinaire, de quelle importance ce mélange des textes a été pour la tradition des textes français.
Je ne peux m'arrêter aux autres manuscrits anciens de Saint-Gall, quelque intéressant qu'il pût être d'en montrer la fdiation \ A Saint-Gall, les
1. Voyez p. 120 et notez les leçons suivantes : Gal., n, 6, S. Gall 72*. 83*. add, 11802** : nihil mea conscientia interest. — v, 22, add. 11852 : longanimUas, bo~ nilas, benicjnUas, fides, paciencia, mansuetuto, modestia, continentia (=: cav.); la 2^ m. ajoute : caslitas (= S. Gall 83. Eins. 1. 6. toi.). — Col., m, 8, S. Gall 70, 83. Zurich : imn emiserilis (= B. N. 321*. ms. prov. de Lyon); Eins. 1**. Mun. ()229. Glose ordinaire : ne emiseritis.
■ 2. Sur 2G9 passages collationués, notre manuscrit est en désaccord 92 fois avec la bible de Charles le Chauve (B. N. 1), 25 fois avec la bible de Grandval [add. 105i()). 23 fois avec la bible de Monza et 21 fois seulement avec la bible de Berne (n°* 3 et \).
3. En voici TéDumération : n° 68 (Job, Tobie, Judith et Esther, paraissant copié sur le ms. 14). — >'° 8 (Tobie, paraissant copié sur le ms. 6). — N° 9 (Tobie, Judith. Ksther et le Cantique des Cantiques, paraissant copié sur le ms. 14). — N** 10 (Job et les livres sapientiaux. Voyez p. 55. Le ms. paraît copié sur le ms, 81 ou sur le ms. 30). — N° 30 (livres de Salomon, copié sur le qis. 28). — N° 42 (Ésaïe et Jéremie). — N° 72 (Nouveau Testament sans les iLvangiles, probablement copié sur le ms. 83). — >'° 63 (même contenu, texte intéressant). — Zurich, bibliothèque de la Ville, n** 577 (même contenu; ms. signé de Marcellus et de Gislebert. Voyez \Vei('mann, p. 440). — S. Gall, n° 49 (Évangiles. Voyez p. ()9). — Einsiedeln, 17 (Évangiles copiés à S. Gall).
Notez quelques leçons du ms. 63 : Act., v, IG, à la fin : et magnificabant ro-
mST. DE LA VULOATB.
130 SAINT-GALL ET l'iTALIE DU NORD.
savants les plus éinirionts ne dédaignent pas de s'occuper de la copie des manuscrits. Le célèbre Notker Balbulus , (( qui sequentias composait y> (f 912) , a été bibliothécaire à Saint-Gall '. Il emprunte à un manuscrit de Keichenau, pour le faire copier dans le manuscrit 14, déjà mentionné, « l'Énigme des trois jeunes gens » qui forme les chapitres m et iv du troisième livre d'Esdras-, et il fait ajouter le livre de Baruch à la fin du manuscrit 39, qui contient les Prophètes \ Nous savons par Ekkehard IV qu'il a copié de sa main, non sans peine, les Epîtres catholiques en grec, d'après un manuscrit que lui «ivait prêté le célèbre évèque de Verceil, Liutvvard (880-901)'. Salomon III, l'élève d'/so magister et de Notker le Bègue, qui fut abbé de Sainl-Gall et évèque de Constance de 891 à 920, et qui est célèbre à tous égards comme écrivain et comme administrateur % a établi, en 909, une importante édition du Psalierium quadruplex. Le plus ancien manuscrit que nous en ayons est le manuscrit A. I. 14 de la bibliothèque royale de Bamberg ' :
INoûgentis pariterque novem labeutibiis annis... Mente humili pollens Salomon, pietate redundans... Prœsul et abba simal mentis electus opimis... Hoc et Psalterium docte collegit in unam...
Le Psautier quadruple de Salomon III est une fort belle oeuvre; les
minum J. C. (= S. Gall 75**). — xi. 17 : qui prohibere potui JJeum. — xxviii, 31 : ncmine prohibenle (= (jUj. B. N. 140).
1. Voyez sur lui les articles de M. Meyer von Kuonau dans les Mittheilungea der Zurclter anUquanschen Gescllsdtaft, t. XIX, et dans la Real-E ncijklopûdie de Herzog et Plitt,t. X, p. G4S, et llauck, Kirchengescldchte Deutschlaads, t. Il, p. G07.
2. P. 332 : Rex Darius fecit cenam omnibus qui eraat sub eo et omnibus magisfralibus Médis et Persis et omnibus purpurafis satrapis et preforibus et consii/ibus et pre/eclis sub illo... Ce texte, coumie on le voit, séloigne assez souvent de la Vulgate pour se rapprocher du ms. Mazarine 7.
3. Ce ms. est de la première moitié du i\^ siècle. — Le livre de Baruch, d'après la Vulgate, se lit dans un grand nombre de mss., dont la plupart sont de type méridional, en particulier dans les mss. B. N. G. 7. l:<4. 15177. Uouen 223 et Vall. B. 7, après les Lamentations 5 dans Théod. B. N. tlj32, Bâle B. 1. 6 et Berne A. 9 avant les Lamentations; dans cav. après les petits Prophètes.
4. Mon. Germ., Script, t U, p. KU et édit. Meyer von Knouau, Milflicilunycn zur vaferl. Gcscli. v. histor. Verein in S Gallen, t. XV-XVI, p. IGt.
5. Voyez sur lui C.-M. Tommasii Opéra, éd. Vezzosi. Home, 1747, t. Il; T. Neugart, Episcopatus Constanliensis,t. 1, 1S03; i. v. Arx, Gescli. des Kantons S. Gallen, 1810, t. I, p. 83; L. Rockinger, Quellen zur baierisc/ien Gescliichte, t. VU, 1858; E. DùQimler, J)as Formelbucli Salomo II f, Leipzig. 1S57; Gcsch. des ostfrdnkisclien Jteichs, t. 11. 1865. p. G8l, et Forscliuuyeu zur Deutschen Gesih/chte, t. VI. 18GG, p. 125; C. llamann, Caudciim Moijsi ex psallerio (luadruplici Sa/omonis III. léna, 1874; P. de Lagarde, 7^•a//e^/^//y/jMu;7a //^-(î'/a'o.s- yy/c/o/iz/y///, Goellingue, 1874; G. hoGwe., Prodromus corporis (jiossariorum lai inornm, Leipzig, IKÏG, p. 234; S. BiM'ger, De ylossariis, etc., Paris. 1879, p. 9; J. Wordsworlh, article Te Deum dans le Didionary 0/ Ilijmno/oyij, Londres, 1892.
(). Ce manuscrit paraît du xi'' siècle environ. Le manuscrit 8 de Cologne est écrit, d'après Jalïe et Watlenhacli, entre le m" et le xn'' siècle. Les vers de Salomon lll. écrits au x® siècle, se lisent dans un fragment contenu dans le manuscrit 39 de la Bibliothèque Palatine, au Vatican.
FOLCHARD ET SINTRAM. " 131
psautiers « gallican », « romain » et « hébraïque » y sont complétés par le texte grec transcrit en lettres latines : Mucarios anir os uc eporeulhi, etc. Les Cantiques de la Bible, et les autres morceaux liturgiques qui accompagnent ordinairement le Psautier, achèvent le volume. Le texte des différentes versions, dans le Psautier de Salomon III, ne semble pas être le même que celui de l'autre famille des Psautiers quadruples, de celle que représente le Psautier de Sainl-Martin de Tournai '. Ce serait une étude intéressante que celle de l'origine des Psautiers triples et quadruples, et de l'usage antique des diverses traductions du Psautier.
L'époque de Salomon III a été l'âge d'or de la calligraphie de Saint- Gall. C'est Hartmut qui a formé les grands calligraphes de la fin du IX* siècle et du commencement du x®. Folchard, son disciple, lui rend cette justice :
Hune prœceptoris Hartmoti jasa secutus Folcliardas studuit rite patrare hbrum.
C'est en tête du célèbre Psautier qui forme le n° 23 de Saint-Gall que sont écrits ces deux vers. Le Ps3lterium aureum (n° 22), œuvre admirable qui constitue la transition de l'art irlandais à l'art allemand *, est écrit dans les mêmes principes. La belle minuscule allemande du x® et du XI* siècle s'est formée à Saint-Gall : le représentant le plus distingué de cette école calligraphique est le moine Sintram \ La minuscule régulière et gracieuse, les belles initiales, les lettres rouges remplies d'or qui constituent le style de Sintram ont excité l'admiration de l'Allemagne et surtout des cités des bords du Rhin. Erkanbold, évêque de Strasbourg, fait venir de Saint-Gall le moine Victor pour lui confier la direction de l'école de sa cathédrale^; l'archevêque de Trêves, Egbert, fait écrire et décorer son bel évangéliaire par deux moines de Reichenau, et la grande école calligraphique du règne des Othons n'a pas cherché ses traditions ailleurs que dans l'école de Sintram. L'art rhénan est sorti tout entier du monastère de Saint-Gall.
1. B. N. >'ouY. acq. lat. 2195 (Delisle, Mélanges de paléographie, p. t50).
2 l/im et Taiitre psautier sont « gallicans », de même que le beau psautier signé de Wolfcoz (n° 20), que teroiinent les Gauliques, les textes liturgiques ordinaires et quelques hymnes.
3. Siutraai, auquel Ekkehard IV attribue VEvangeUuin longirm (n° 53 de Saint- Gall), paraît comme témoin dans des chartes de 8S5 et de 895. Amala. qui est nommée comme ayant contribué à rornementation de ce manuscrit, figure dans une charte de 903. VEvangelmm longuni n'est pas un manuscrit des quatre Evangiles, cVst un évangéliaire, c'est-à-dire un r. caeil des k'çous évaugéliques pour les dimanches et fêtes. 11 en est de même de Tévangrliaire de Cuucgonde (ii° 54).
4. G. Schmidt, ISaUce sur u.t inaauscrit du x*^ siècle qui jadis a fait partie de la biblio'hèque de la ca'hédiale de Strasbourg, Strasbourg. 1883 (extrait du JhilU'fin de la S'>cié'é pour la codserra'ion des moiinnieiits his'oriques d'Alsace, t. \l\). Le manuscrit éladié par M. Schaiidt provient sans doute de Saint-Gall; il a été acquis à la vente Didot par M. Armand Weiss, de Mulhouse.