Voyez Vercelloue, t. I, p. lu, xcix et cm
3. Karlsruhe, Avg. 192 : Inc. Walahfredi ahbatis super Psalmos. — S. Gall 313 (x«-xi« siècle).
LA GLOSK ORDINAIRE. 135
nairo. Il en est de même d'un commentaire sur le Pentateuque, en partie extrait par Walafride de celui qu'a composé son maître Raban '. Tout autre est la Glose sur les Épîtres catholiques, qui est conservée dans nn manuscrit du x° siècle qui provient de Keichenau ^
J'ai sous les yeux des extraits très étendus de ce commentaire : je les dois à la bienveillance de M. le D"" Holder. Ce n'est assurément pas la Glose ordinaire, telle que nous la trouvons dans les manuscrits postérieurs ; mais le commentaire de Walafride se rencontre avec la Glose en tant de points, la Glose en emprunte si souvent les termes mêmes, que nous devons considérer que, du moins pour les Epîtres catholiques, le commentaire de Walafride est à la base de la Glose ordinaire, qu'il en est le premier jet.
L'étude des manuscrits non signés nous donnera des résultats analogues.
Au milieu des nombreux manuscrits glosés qui ne font que retarder notre recherche, un volume doit retenir notre attention, c'est le numéro 41 de Saint-Gall, auquel les notes des chapitres précédents ont déji fait quelques allusions. Ce manuscrit a été écrit entre le ix^ et le x^ siècle. Il contient les Prophètes, accompagnés d'une glose marginale et interlinéaire, et cette glose est en grande partie identique à la Glose ordinaire. Pour mieux dire, non seulement nous y retrouvons les principaux éléments de la Glose ordinaire, mais aussi quelques-unes des notes qui forment, dans les exemplaires plus récents, la Glose interlinéaire. On est convenu d'attribuer cette « Glose interlinéaire » au célèbre Anselme de Laon (f 1117), qu'Abélard, qui fut son élève et qui ne goûta guère sa méthode d'interprétation, traite de « figuier stérile ^ ». Peut-être est-elle moins son œuvre qu'on ne croit d'ordinaire, et peut-être le verbeux écolàtre de Laon a-t-il plutôt propagé l'ancienne glose, à la fois marginale et interlinéaire, qui était restée presque inconnue jusqu'à lui.
Si des gloses nous passons au texte, nous retrouverons dans le manuscrit 41 les leçons les plus caractéristiques des manuscrits de Saint-Gall *, Il n'y a donc pas lieu de douter que la Glose ordinaire n'ait été écrite, pour ce qui est des Prophètes, par un moine de Saint-Gall ou d'une abbaye placée sous l'influence de Saint-Gall. Cette remarque rend à Walafride, sous toutes réserves de détail, ses droits d'auteur sur la Glose ordinaire.
Sans prolonger outre mesure notre recherche et en la restreignant, faute de manuscrits plus anciens, à ceux du xii^ siècle, nous rencontrons