Jafté-Ewald, u
en croire un catalogue d'abbés de ce monastère, d'après lequel il le gouverna dix-neuf ans et demi, soit de 798 environ à 818. ïhéodulfe posséda encore l'abbaye de Saint-Aignan et plusieurs autres. Alcuin, d'abord son ami, a compté parmi ses adversaires. Après une carrière remplie par l'amour des lettres, par la politique et par un ministère réformateur, Tliéodulfe tomba en disgrâce auprès de Louis le Débonnaire en 817 ou 818 et il mourut vers 821, après trois ans de captivité passés dans les murs d'Angers, ayant trouvé dans la poésie une consolation à ses malheurs. C'est donc avant 818 et après 795 ou peut-être après 798 que se placent les beaux travaux bibliques dont nous avons à parler. Si, comme il paraît, il a eu une bible alcuinienne sous les yeux, ses travaux ne sont pas antérieurs à la fin de l'an 801, époque à laquelle l'œuvre d'Alcuin fut achevée.
*- -Des poésies de Théodulfe, en dehors de celles qui accompagnent notre célèbre bible, plusieurs étaient destinées à être jointes au livre sacré. Deux petits poèmes qui portent le titre : A forh in prima tabula bibliothecx el: In altéra tabula, ont peut-être été composés pour orner la couverture de notre manuscrit ou de celui du Puy. Le format de la bible qu'ils accompagnaient était c( modique », comme est celui des deux manuscrits. L'un des poèmes de Théodulfe sert de lettre d'envoi à un Psautier double (hébraïque et gallican), adressé en présent de noces à Gisèle, dont il se dit le père, et écrit certainement, en or et en argent, sur parchemin pourpré :
Kam tibi Psalterium praicepi scribier istud,
Argento atque auro quod radiare vides, Quo prior hebrœo concordat pagina vero,
Editio ut prisca est mox liabet Inde sequens, Quas bene Hieronymus hauc transfert, corrigit illam,. .',
Quoique Théodulfe fût en un haut crédit auprès de Charlemagne, et qu'il fût même en situation de faire échec à l'autorité d'Alcuin, M. Dûmmler a fort bien fait remarquer qu'il n'était pas dans les traditions de la cour. 11 n'avait pas été élevé à l'école palatine, et il ne paraît pas y avoir enseigné; seul parmi les poètes et les écrivains qui entouraient l'empereur, il ne s'était pas orné du nom de quelque auteur de l'antiquité. Il était resté (Joth au milieu des Francs. Cette indépendance d'esprit, d'éducation et de caractère nous explique en quelle manièrti la bible de Théodulfe difl'ère (le celle d'Alcuin. La premièni est un retour à la vieilh^ érudition espagnole, la deuxième est la création de l'école réformatrice de Charlemagne.
L C, Mil. Duu]mler, p. 54t.