‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 133 sur 340 · Nouveau Testament · texte numérisé non relu

Nouveau Testament

Les notes marginales aussi bien que les corrections sont très rares dans les Évangiles. Ce n'est pas sur un parchemin pourpré et dans des pages écrites à l'encre d'argent qu'un appareil d'érudition eût été à sa place. Je ne relève qu'une variante et une correction intéressantes :

Matth., VI, 16, \^^ m. : exterminant ; marge : vel demoliuntur (leçon irlandaise).

XIII, 44, V^ m. : universel qiise habuit [habuil est irlandais); 2® m, : omnia quœ habuit (irlandais).

Ce ne sont pas là des variantes à proprement parler, mais certainement des notes ou des corrections de la première main, avec le texte de laquelle ces leçons sont en plein accord. Les corrections et les variantes

1. Sm., XXXV, 3, 2® m. : lifare (= B. N. 11505*); en marge: al. vitare (= vall. paul. Mordr. B. N. 2.11533. Gol. 1**) al. salutare [= am. B. N. 1. 11505** Col. 1*).

2. I Mach., II, 64, après quia: quum feceritis quœ vobis prœcepta siint a Domino Deo vestro {= Mordr**; les textes du xiii® siècle ajoutent in lege entre sunt et a Domino).

3. I Mach., m, 46 : sub pedes elephanti {=am. Mordr*; 1" m. : sub elephantum = Mordr**. LXX). — xi, 14 : Plolomeus (cf. am. cav.). — xiv, 28 : régis ( = am. cav.\ V^ m. : regionis = LXX). — II Mach., xii, 2 : Johanne, pour Gemiasi (unique). — Ib., 42 : oblivioni traderetur [V^ m. : obliteraretur = am. cav.).

4. Bar., vi, 26, 1" m. : mimera eoriim; eorum est exponctué par la 2® main; en marge : al. odoramentorum. — Ib., 27, après illorum, en marge : inmundas. — Ib., 30, après scissas, 2« m. : turpiter (=S. Gall 39). — Ib., 2^ m. : pour nwrfa sunt : ritu femineo cooperta sunt.

ne sont pas beaucoup plus nombreuses dans le Nouveau Teslament. Dans les Épîtres de saint Paul, certaines variantes ramènent le bon texte, d'autres proposent de mauvaises leçons, d'ailleurs en partie inconnues ', deux seulement ont conservé un texte qui semble méridional :

Rom., II, 24, à la fin : in Isaia (= B. N. 343 et versions provençale [fr. 2425] et allemande {tepl.']).

I GoR., X, 8, après tria milia : al. homi/ium {= arm. laucl* . S. Gall 70**. Ambr. E. 26 in/. B. N. 6. 254).

Dans les Actes, certaines variantes ont également un caractère langue^ docien ^ :

AcT., V, 29. à la fin : al. At illi dixerunt : Deo. Respondit autem Petrus (= arm. B. N. 202. 342*. 343. 11932, traductions provençale [Lyon] et catalane; cf. gig. d. h. B. N. 1G262, fr. 2425).

IX, 17, après misit me : ad te (= B. N. 321**, versions provençales, vaudoise et catalane).

xvji, 6 : hi sunt (= d. toi. cav. dem. S. Gall 2. 63. B. N. 254. 341. 342. 343**,. versions provençale [Lyon], vaudoise et allemande {tepl.']; B. N. 202. 11932 r swit M).

XX, 29 : al. rapaces {= fald. S. Gall 2*. 83. Berne A. 9. vall. B. N. 1. 2. 4*. 140. 202. 254. 342. 17250; l'"^ m. ; graves).

XXII, 26 : Vide quid (= gig. B. N, 321. 343. 11932, version allemande [tepl.]).

II n'y a à peu près rien à relever, pour la deuxième main, dans les Epîtres catholiques ni dans l'Apocalypse.

C'est donc d'une manière très inégale et irrégulière que Théodulfe a recueilli, soit les corrections au texte qu'il avait fait copier, soit les variantes dont il a enrichi la marge de sa bible. Les sources auxquelles il a puisé ont varié suivant les diverses parties de la Bible, mais les principales ont été sans doute : 1° pour l'Ancien Testament, un texte presque semblable au Codex Vallicellianiis ; 2° pour toute la Bible, des textes espagnols ou plutôt méridionaux. C'est pourquoi nous ne pouvons que répéter ce que nous avons dit tout à l'heure en le précisant davantage : la bible de Théodulfe est bien ce que devait être une bible copiée sur les bords de la Loire par un évêque visigoth, chassé de la Septimanie par l'invasion des Arabes et établi sur les confins de la France et de l'Aquitaine, non loin du monastère d'Alcuin, par le protecteur des lettres, Charlemagne.

1. UoM., XV, 26 : {[)our probauerunt) al. cotisetiserunt. — II Cou., iv, 9 (pour deslitnimur) : al. destruimur. — Hébr., vu, 4 (pour de prsecipuis) : al. de prœpiiNis. al. de principibus. — Philém., 6, la r° m. omet, avec presque tous les uiauuscnls : operis et quod est, et la uiarge uioulre lu variaute de futd. et de Muu. 6229 : al. oi)inis operis boni (/uod in nohis est.

2. D'autres sont iucoimues : Acr., iv, 21 (pour accideral) : al. contigerat.

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