LA BIBLE DU. PUY
Mesmes, huit sont sans grande importance ' et une seule mérite l'attention. M. Delisle l'a déjà signalée :
I Rois, xiv, li : {i/i média — consuevit) al. in bolidis et in petrobolis et in saxis campi *.
Cette variante, qui reproduit le texte des LXX, est évidemment empruntée à une ancienne version. Nous ne devons pourtant pas nous y arrêter, cette note marginale pouvant venir de toute autre source que d'un original commun.
Les différences dans le texte même sont de plus d'importance, mais elles ne méritent pas toutes une égale considération. Celles que voici paraissent de pures fautes de copie :
Agt., IV, 31, à la fin : audenti credere (2^ main?). — Thèod*. : volenti credere (exponctué). — Cette leçon parait corrig-ée en écriture tironienne. Ib., XX, 32 : iji sanctijicationibus.
I Pierre, ii, 5 : eô ipsi vos.
Ib., 17 : regem autem.
Dans deux endroits, la différence se réduit à ce que la leçon de la bible du Puy a disparu du manuscrit de Mesmes par un grattage. Il est possible que le grattage ait eu lieu après la copie faite :
Gen., xxiv, 4 : terram meam [meam est gratté dans Théod.). m Rois, i, 8, la leçon Cerethi, qui est celle du manuscrit du Puy, a été grattée dans Tliéod. et recouverte par le mot Rehi.
Les deux variantes qui suivent sont sans doute également fortuites :
Prov., V, 4 : et acuta lingua ejus (juxtaposition des leçons de Tliéod. et de la Vulgate).
Agt., V, 24 : quidnam esset; en marge : al. fieret.
Nous ne trouvons donc à retenir que les cinq variantes que voici :
II Rois, XIX, 43, nous avous constaté (p. 153) que le manuscrit du Puy confient les mots quant tu, de plus que Tliéod*; après les mots barrés : et primogenitus ego siun, on remarque dans Tiiéod. un signe de renvoi. Il est vrai que les mtos quam tu forment pléonasme et ne se trouvent pas dans les manuscrits anciens. Mais comme ils se retrouvent dans le manuscrit de Saint-GermaiU; qui parait copié
t. Gen., xxvn, 27 : pleni, omis dans le texte comme dans Théod., est écrit en marge avec le signe al. — 11 Rois, xx, 19 {subvertere) : subruere. — Act., viii, 20 [in perditionem) : al. in iiiteritum. — Hébr., vu, 6 : [non annu7neratur in eis) : al. nondum erat in eis. — 1 Jean, ii, 17 [facit] : al. jecerit. — Jb., 19 [prodierunl] : al. exierunt. — iv, 21 [habemus] : al. accepimus. — v, 3 [custodiamiis) : al. servemus.
2. Je peux à peine regarder comme une variante la glose marginale de Hébr., v, 2 (après condolere) : alibi jnxta mensuram suam cum dolore.
sur le manascrit de Mesmes, nous devons penser que la note marginale où on les lisait a disparu,
Prov., IV, 27, nous avons vu (p. 6G) que le manuscrit du Puy a le bon texte; Tiiéod. n'a exponctué que la première moitié de l'interpolation.
AcT., IV, 18, le manuscrit du Puy lit, avec les anciens textes : Consentientibus autem omnibus, tandis que Théod. a la leçon moins bonne : hominibus (voyez p. 150 et 161).
XI, 17, le manuscrit ajoute à l'interpolation de Th6od., mentionnée plus haut (p. 161) : in Lomimim Jhesum Christian.
II Pierre, ii, 4 : in judicium cruciandos reservari. — Théod. : cruciatus (voyez p. 163).
Il nous reste donc en tout quatre ou cinq leçons qui ne s'expliquent pas par les leçons correspondantes du manuscrit de Mesmes. Le lecteur estimera sans doute que c'est trop peu pour nous obliger à recourir à l'hypothèse d'un original commun. Cette hypothèse serait ici d'autant moins naturelle, que nous ne pourrions la formuler qu'ainsi : le même copiste, ou les élèves d'un même atelier auraient, presque en même temps, copié le même modèle, une fois avec une exactitude presque parfaite et l'autre fois avec une inintelligence choquante. L'une des deux copies serait digne d'être faite par Théodulfe lui-même, l'autre serait la destruction de toute son œuvre. Au reste, on ne persuadera pas facilement à un homme qui a étudié avec attention le manuscrit de Mesmes, que ce manuscrit est une copie. On peut copier exactement des variantes, on ne copie pas des signes d'exponctualion. C'est pourquoi, sous la réserve d'un très petit nombre de leçons qui restent la part de l'inexpliqué, nous devons déclarer que, selon toute apparence, la bible du Puy est la copie du manuscrit de Mesmes et celui-ci nous semble, jusqu'à preuve du contraire, être l'original établi sous les yeux de Théodulfe et conformément à ses directions.