‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 137 sur 340 · Les manuscrits de Fleury · texte numérisé non relu

Les manuscrits de Fleury

Quel a élé le sort du texte de Théodulfe? de quelle popularité a-t-il joui ? Telle est la question qu'il nous importe d'élucider. C'est naturellement parmi les manuscrits qui proviennent de Fleury que nous chercherons avant tout les traces de l'influence du texte de Théodulfe.

Parmi les manuscrits qui viennent de cette illustre abbaye, on remarque le livre des Prophètes, qui occupe le numéro 14 à la bibliothèque d'Orléans. C'est un beau manuscrit duix® siècle, où l'on admire de grands et très beaux ornements d'un ton vert, avec des entrelacs richement développés et accompagnés de têtes d'animaux. La rubrique du dernier feuillet attire notre attention sur les rapports de ce manuscrit avec le texte de Théodulfe : Explicit Maîachim. Explicit secundus ordo prophetanim. *

Si pourtant nous nous laissions arrêter par les apparences, nous pourrions croire que ce manuscrit est étranger au texte constitué à Fleury, car, à rencontre des bibles de Théodulfe, qui séparent Daniel des autres Prophètes, notre manuscrit est un Liber prophetarum complet. Mais, pour être éclairés sur cette question de généalogie des textes, nous irons d'abord au passage caractéristique, Ez., XXI, 29*, et nous y trouverons les mots, empruntés sans aucun doute au texte de Théodulfe, où pourtant ils sont exponctués : Non est demonum divinatio sed Del (la suite de la glose manque). Le détail du texte semble confirmer celte conclusion. Je n'en citerai qu'une leçon. Osi':e, viii, 13, la première main écrit: Hostlas MfJ'er a/fer (ce dernier mot est gratté et la deuxième main a écrit : Hoslias offerenies) ; cette leçon est celle de Théodulfe ^ Ainsi donc, dans le cours du IX® siècle, à Fleury, le texte de Théodulfe était le texte courant, mais l'ordre de la Bible de l'évèque d'Orléans était déjà rompu.

Cent ans après Théodulfe, le texte établi par lui n'avait pas perdu toute autorité à Fleury, car un autre manuscrit, qui paraît du x° siècle plutôt que du ix®, semble se rattacher à la même recension. Il est composé des volumes 11 et 13 de la bibliothèque d'Orléans. Ces deux volumes semblent avoir fait partie d'une même bible ; le premier comprend les livres des Rois, le second est composé des Proverbes, du Cantique des

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