LES DESTINÉES DU TEXTE DE THÉODULFE
texte semblent avoir été marquées après coup et n'ont pas été indiquées partout.
Nous voyons sur les marges, à côté de quelques variantes, de nombreuses notes marquées de la lettre A, initiale de hebrxus\ Marlianay, qui a publié ces notes, les a attribuées, sans doute à raison, à un juif, assurément baptisé, qui vivait dans la première moitié du ix® siècle. Uaban Maur appelle par deux fois cet hébraisant : Hebrxus quidam modérais lemporibits in legis scientia florens; Martianay lui attribue deux ouvrages que tout le moyen âge a considérés comme l'œuvre de saint Jérôme, les Quxstiones hebraicx sur les livres des Rois et sur les Chroniques. Ces notes, qui révèlent une véritable connaissance de l'hébreu, sont une œuvre d'exégèse et non de critique ; elles intéressent pourtant l'histoire du texte biblique, car plus d'une fois, grâce à l'inintelligence des copistes, elles se sont introduites dans le texte de la Bible ^ Martianay cite quatre manuscrits dans lesquels le livre des Psaumes a été ainsi retouché; l'un appartenait au Mont-Saint-Michel, et le deuxième aux Augustins de Bordeaux (c'étaient sans doute des Psautiers) ; les autres sont le Codex Farfensis (Vatican 5729, du xi® au xii^ siècle) et le manuscrit perdu de Carcassonne ^ On trouverait sans doute d'autres manuscrits de cette recension corrigée mal à propos d'après l'hébreu. Tel était l'exemplaire qui a servi de texte à la célèbre traduction anglo-normande du Psautier \