LE SAINT P\UL DE PEREGRINUS
textes encore mal délerminés, parmi lesquels on remarque un important manuscrit qui est peut-être méridional, le manuscrit 6 et 7 de la Bibliothèque Mazarine.
On conserve à la Bibliothèque nationale, sous le numéro 271 de la collection Baluze, un fragment d'un grand manuscrit de la Bible, écrit au xi^ siècle. Les Épîtres de saint Paul suivent immédiatement, sur un même feuillet, les livres des Machabées ; elles représentent la recension de Peregrinus et elles en ont tous les préliminaires, y compris les canons de Priscillien. Nous ne pouvons rien dire de plus de ce manuscrit, dont il ne nous est demeuré qu'un débris.
Après ce fragment, nous devons mentionner un manuscrit de Saint- Germain, conservé à la Bibliothèque nationale sous les numéros 11534 et 11535. C'est un très beau manuscrit du xii® siècle, orné de miniatures admirables, un des plus beaux monuments de l'art anglo-normand que l'on puisse voir. Au reste nous possédons à Paris un autre manuscrit anglo-normand encore plus beau, et qui est bien près du modèle d'après lequel notre manuscrit a été enluminé : c'est le manuscrit A. 1. 5. f% de Sainte-Geneviève ; il date du xii^ siècle et est signé de Manerivs^ scrlptor Cantuariensis '. Le manuscrit de Saint-Germain paraît, lui aussi, présenter certaines ressemblances avec les textes courants usités depuis le IX® siècle, mais les Épitres de saint Paul y sont conservées sous la forme introduite par Peregrinus. L'ordre des livres est à peu près celui des manuscrits de Tours. Je n'en dis pas davantage sur ce beau manuscrit.
Nous trouvons encore le saint Paul de Peregrinus, ou du moins les préliminaires de son édition des Épîtres de saint Paul, dans le manuscrit 16741 et 16742 de la Bibliothèque nationale, qui provient des Feuillants, et qui paraît écrit dans la seconde moitié du xii'' siècle. 11 manque un volume à cette bible, qui semble avoir été divisée à peu près comme la bible de Théodulfe. Certains détails, dans les accessoires du texte, rapprochent ce manuscrit du précédent. C'est ainsi que les cinq premiers mots du sommaire de saint Luc manquent dans les deux manuscrits. Ce sommaire commence, dans le manuscrit B. N. H535, par : Ommutuit et postea, et, dans la manuscrit 16742, par: Obmiituit et postea. Cette faute de copie est une des caractéristiques les plus anciennes des manuscrits anglo-saxons ". C'est ainsi que l'ancienne édition espagnole de saint Paul, introduite en France par Théodulfe, s'est perpétuée dans les manuscrits de France et d'Angleterre jusqu'après le milieu du xii^ siècle — nous pourrions dire : jusqu'au xv® siècle.
En effet, la liste des manuscrits qui contiennent, soit l'édition de saint Paul qui porte le nom de Peregrinus, soit du moins les canons de Pris-
1 . Dans la curieuse noie qui contient la généalogie de Técrivain. on remarque l'accent tonique marqué .sur les mois.