‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 147 sur 340 · CHARLEMAGNE ET ALCUIN · texte numérisé non relu

CHARLEMAGNE ET ALCUIN

Quel a été, dans l'histoire de la Bible, le rôle dAlcuin, et dans quelle mesure l'abbé de Saint-Martin de Tours a-t-il été dirigé, dans ses travaux sur la Bible, par la volonté de Charlemagne? Telles sont les délicates questions sur lesquelles nous demanderons un peu de lumière, en premier lieu aux textes historiques, et ensuite aux manuscrits.

Vingt ans après la mort de l'empereur, la tradition lui attribuait déjà un rôle actif et personnel dans la correction du texte de la Bible. Theganus, écrivant vers 835, raconte que, dans ses dernières années, Chartemagne « ne faisait plus que vaquer à la prière et aux aumônes et que corriger les livres », et que, le dernier jour de sa vie, il avait travaillé « avec des Grecs et des Syriens », à corriger le texte des quatre Evangiles'. Ce témoignage est sans valeur, sinon en ce qu'il atteste l'impression profonde qu'avait laissée, dans la mémoire des contemporains, l'intérêt que le fondateur de l'Empire portait à la pureté du texte des livres d'église et de la Bible en particulier. Dès les premières années du règne de Charlemagne, un religieux de Saint-Gall témoignait déjà du soin que le jeune roi prenait de faire copier exactement les œuvres des Pères, et il insistait si fortement sur le zèle que le maître y apportait, que l'on a pu s'y méprendre. Des auteurs mal inspirés ont cru trouver, dans le manuscrit qui contient cet éloge du futur empereur, des corrections de sa propre main ^

Le texte classique, à cet égard, est le célèbre capitulaire par lequel le roi des Francs a promulgué, en 789, les décisions du concile d'Aix-la- Chapelle :

Et ut scholse legentium puerorum fiant. Psalmos, notas, cantus, compolum, grammaticam per singula monasteria vel episcopia, et libros catholicos bene emen-

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