‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 150 sur 340 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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roi, par un homme qui occupait une haute position dans le royaume, pour que nous n'ayons plus le droit de prononcer le nom d'Alcuin chaque fois que nous entendons parler d'une édition de la Bible entreprise par ordre de Charlemagne.

Nous pouvons nous faire une idée de ce que Charlemagne entendait par l'établissement du texte biblique, en considérant de quelle nature étaient les travaux, pour ainsi dire parallèles, qu'il avait prescrits et dont il surveillait l'exécution.

La pureté grammaticale était certainement le premier souci du réformateur des lettres. Charlemagne était un puriste et, en décrétant l'usage de l'Homiliaire compilé selon ses ordres, il insiste particulièrement sur l'horreur qu'il éprouve pour les solécismes qui défigurent les saints oflices. Le Lectionnaire, auquel il fait une allusion évidente dans le capitulnire que nous étudions, nous offre un exemple encore mieux choisi de la réforme carolingienne des livres sacrés, car c'est à Alcuin que Charlemagne avait confié le soin de le publier. De tous les manuscrits du Lectionnaire de Charlemagne, ou du Cornes ab Albino emendatus, le plus remarquable sans doute est le manuscrit de Chartres', qui date du ix^ siècle et dont la préface est écrite dans la semi-onciale de l'école de Tours, de même que les premières lignes de chaque leçon. Ce précieux manuscrit a été mutilé. Au temps de Mabillon^ on y lisait, après le milieu, une note qui a disparu aujourd'hui. Ce manuscrit, était-il dit, a été copié sur l'original même établi par Alcuin {ab Aibino), il est tel qu'Alcuin l'avait corrigé. Le correcteur s'était particulièrement étudié à appliquer les règles de la grammaire et de la ponctuation et à fixer la prononciation, en vue de la lecture à haute voix :

Lt a preefato viro ad purum corrigeretar, et distinctionibus artis grammaticae pronuntiandi gratia dislingueretur, ita videlicet ut legentibus ejusdem cotlicis textum ita planum pararet, ut audientium auribus nihil iiicousonum afferret.

On voit qu'à cet égard la préoccupation d'Alcuin était exactement la même que Charlemagne exprime dans le capitulaire qui accompagne l'Homiliaire de Paul Diacre. Mais ce n'était pas là son seul ni son premier souci. La pensée de l'abbé de Saint-Martin, comme celle de Charlemagne, portait au delà, et il s'agissait avant tout de l'application de la réforme du culte, commencée par Pépin. Un mot de la note en question le montre clairement : « imitando et sequcndo libellum Papx Gregorii sacramentorum^ ». Ainsi la conformité des lectures bibliques avec la liturgie était le premier objet de la réforme du Lectionnaire ordonnée par Charlemagne et exécutée par Alcuin. S'il a suivi les mêmes principes dans la

t. N° 32 (ancien 2i, de Sainl-Pùiv).

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