ALCUIN ET CHARLEMAGNE
correction de la Bible, Alcuin a du cliercher à établir un texte pur et un texte correct au point de vue de la langue.
Une œuvre semblable a en effet été poursuivie par Alcuin, nous en avons de nombreuses preuves. Il n'est peut-être pas diflicile de concilier les textes relatifs aux travaux qu'il a accomplis sur la Bible.
Dans une lettre écrite à Gisèle, sœur de Charlemagne, et à la fille du prince, Bolrude, Alcuin s'exprime ainsi :
Totius forsUan Evaugelii expositionem direxerim vobis, si me non occupasset domni régis pi'seceptum in emeudatione Yeteris Novique Testanienti '.
La date de celle lettre est établie par l'épître 159, adressée aux mêmes princesses, et qui est écrite elle-même au commencement de 801, car Alcuin y parle ce de exallalione excellenlissimi domini mei David ^ et de pvosperitate apostolici viri, et delegatione honesta sanctse clvitatis^, y) Dixns cette lettre, Alcuin fait allusion à une partie du commentaire sur saint Jean, qu'il a envoyée à ses correspondantes l'année d'avant {anno liansacto). Or l'épître 136 accompagnait cet envoi. Elle a donc été écrite au commencement de l'an 800.
Une autre épîlre d' Alcuin, adressée à Charlemagne lui-même, était deslinée à servir de lettre d'envoi pour le présent d'une bible soigneusement corrigée, offerte par Alcuin à l'empereur:
Sed quserenti milii et desideranti nihil dignius pacatissimo honori vestro inveuiri posse, quam divinorum munera librorum, quos, in unius clarissimi corporis sanctitatem conexos atqiie diligenter emendatos, vestrœ altissimae auctoritati per liunc carissimum flliura nostrum Yoi)isque iidelem famulum dirigera curavi K
La lettre suivante donne le nom du messager, Nathanaël. Ce nom cache très probablement (c'est le jugement de tous les auteurs) celui de Frédégise ou Fridugise, l'élève de prédilection d'Alcuin, dont il occupa plus tard la place comme abbé de Saint-Martin de Tours. C'est à lui que l'épître :20b est adressée, et cette lettre contient les mois suivants : c( Epistolam vero parvitatis mex cum sancUssimo diuinœ Scripturx munere die natalis Domini... redde domino meo David j> K On pense que la fête de Noël pendant laquelle Nathanaël devait offrir à Charlemagne la bible d'Alcuin était la Noël de 801, car, dans une troisième lettre adressée, probablement par le même messager, à Gisèle et à Rolrude, Alcuin se plaint de ses occupations séculières', or c'est vers la fin de 801 qu'il paraît avoir « déposé son office pastoral î> d'abbé de Saint-Martin. Il est donc
t. Jaffé, Bibliotheca Rerum Gsnnanicarum, t. VI. Momimeiita Alcuiiiiana, 1873, p. 629. Ep. 136.