‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 152 sur 340 · Ibid., p. 613. Ep · texte numérisé non relu

Ibid., p. 613. Ep

190 ALCUIN ET LES lUDLES DE TOURS.

probable que la bible écrite par ordre d'Alcuin fut présentée à l'empereur, en son palais d'Aix-la-Chapelle, à la Noël de 801.

De la comparaison de l'épître à Gisèle et à Rotrude avec l'épître à Charlemagne, M. Corssen a tiré la conclusion que ces deux lettres ne sont nullement en relation l'une avec l'autre et que la bible à laquelle Alcuin travaillait au commencement de l'an 800, par ordre de Charlemagne, n'est pas la même qu'il a offerte à l'empereur le 25 décembre 801 . Alcuin, en effet, ne dit pas, dans sa lettre de 801, que la bible offerte à Charlemagne lui ait été commandée par l'empereur; au contraire, il dit avoir longtemps hésité sur ce qu'il offrirait à son souverain'. Mais il ne faut pas nous laisser arrêter par de pareilles formules de cour. Ou bien elles ne signifient rien, ou elles s'expliquent sans grande peine, et des phrases de politesse, destinées à accompagner un cadeau, ne doivent pas nous empêcher de reconnaître que nous possédons dans nos textes le point de départ et le point d'arrivée du travail d'Alcuin, la commande royale, avant l'an 800, et la présentation à l'empereur, à Noël 801, de l'exemplaire achevé.

Nous ne savons à quelle époque exactement Charlemagne a demandé à Alcuin d'entreprendre la correction du texte biblique, mais nous pouvons fixer avec une assez grande précision le moment où l'abbé de Saint-Martin a commencé à s'occuper du texte de la Bible et a acquis les instruments de travail nécessaires. Nous possédons une pièce très importante, une lettre d'Alcuin datée de la fin de 796 ou du commencement de 797 et adressée au roi des Francs, pour lui annoncer l'ouverture de l'école de Saint-Martin. « Flaccus Albinus » ne se borne pas à donner au prince le programme très étendu des études de son école, il demande en même temps les moyens de faire venir d'York, sa patrie, les livres qu'il tenait de son maître et ceux qu'il avait lui-môme réunis :

Et revehant in Frantiam ilores Brittaniaî, ut non sit tantunimodo in Euboricn liortus coLiclusus, sed in Turonica emissiones paradis! cuni pomoruni fructibus-.

Ailleurs il nomme le bienfaiteur auquel il doit de posséder une aussi riche bibliothèque ; c'est /Elberhtus, archevêque d'York, a qui l'a fait héritier de ses trésors de science' ». Dans le poème de sanctis Eboracensis ecclesix, il donne le catalogue des livres

Undique quos clarus coUcgerat ante niagister.

La Bible y figure à côté des livres des Pères et des classiques :

llcbraicas vel quod populus bibit imbre supjrno '.

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