C. L.W. roc(x IciUiti, t. 1, p
LES POÈMES d'ALCUIN. 19;]
Munera sed Domirii cœlestibus inclyta dictis
Porto tibi plouis, optime rcx, muiiibus. Nempe Novne ac Vetcris paritcr pi:i famina Logis
Iii hoc conduntur corpore quippo siicro. HtCC ego porto lib.Mis ad sancta sacraria tcmpli,
Qiiod tua mens noviter condidit aluia Deo, Laudibus ut prœsto Chrisii sit sernpor in illo
Iste liber resonans vcrba superna Doi '.
Enfin un dernier morceau montre que le volume qui contenait ces petits poèmes, ou une partie d'entre eux, était destiné à une église voisine du palais de Charlemagne :
Et pete prœclari prœclara palatia régis, Ut maneas Christi semper in sede sacra.
L'église c( récemment achevée » par l'empereur à proximité de son palais ne peut être une autre que le dôme d'Aix-la-Chapelle, qui, d'après le moine de Saint-Gall, fut terminée en 796. Il paraît difficile de croire que tous ces petits morceaux poétiques aient figuré dans une seule et même bible; il est, en tous cas, impossible d'admettre qu'ils aient été copiés, à la suite l'un de l'autre, à la (in du volume. Nous ne pouvons en aucune manière chercher dans le Codex Vallicelliamis, qui seul les contient tous, le manuscrit original d'Alcuin, mais dès à présent nous sommes autorisés à croire que ce manuscrit a été, en partie, copié sur l'exemplaire que le messager d'Alcuin a présenté à Charlemagne au jour de Noël de l'an 801, dans son palais d'Aix-la-Chapelle.
D'autres manuscrits de la Bible ont été offerts par Alcuin à Charlemagne. Il faut pourtant, à cet égard, user d'une sage réserve et se garder d'accepter toutes les données de la tradition. Le poème LXX % composé de deux petites pièces et de quatre distiques, a certainement accompagné un manuscrit des Evangiles, et ce manuscrit était presque exactement semblable aux Évangiles de Saint-Emmeran, copiés par ordre de Charles le Chauve et autrefois conservés à Saint-Denis. S'il était permis de mettre en doute l'autorité des deux manuscrits qui attribuent à Alcuin le poème LXX, et dont l'un est de la fin du ix^ siècle, nous croirions que le manuscrit qu'il a accompagné était, du moins pour la décoration, le frère des Évangiles de Saint-Emmeran, et que ces vers très médiocres ne sont en rien l'œuvre d'Alcuin, mais de quelque écrivain de la cour de Charles le Chauve. Ce doute n'est pas sans fondement. Nous savons en effet, depuis que M. de Rossi l'a prouvé % que les recueils de poésie d'Alcuin, et en parli-