The New Testament in (jreek, 1881, t. II, p. 78 et suiv
2. Ce texte a été publié par les bénédictins dans le tome II des œuvres de salut Ambroise; il a été reproduit dans le tome XVII de la Patrologie de Migne.
palimpsestes de Freisingen et de Gôttweih, Enfin l'étude des Épîtres catholiques nous permet d'isoler un quatrième ordre de textes, italien par son origine, mais africain par adoption. Ce texte africain de basse époque est exactement celui que pratiquaient les écrivains catholiques de la période vandale ; nous en retrouvons un fragment dans le même palimpseste de Fleury dont nous avons parlé, et peut-être n'est-il pas éloigné d'un texte récent mais remarquable, le Spéculum autrefois attribué à tort à saint Augustin.
Les anciens textes latins de l'Ancien Testament n'ont jamais été classés, et il serait peut-être temps d'essayer d'y mettre de l'ordre. Depuis que l'attention des savants s'est portée vers le texte grec de nos versions latines, on a pu reconnaître que certaines d'entre elles ont pour base une même recension des Septante : tels sont les fragments des quatre livres des Rois que Vercellone a publiés d'après les notes marginales d'un manuscrit de Léon ; telle est l'ancienne version latine du livre d'Esther, tels aussi les fragments du Pentateuque conservés par les palimpsestes de Wurzbourg et qui paraissent représenter, dans l'Exode, le même texte que notre fameux Codex Lugdunensis. Nous y joindrons la version des Prophètes qui se lit dans un autre palimpseste de Wurzbourg. Ces textes sont traduits sur une recension de basse époque du texte grec, sur celle qu'on est en droit d'attribuer à Lucien le martyr; ils semblent former famille : peut-être correspondent-ils en quelque mesure aux textes a italiens j> du Nouveau Testament. La date de 312, qui est celle du martyre de Lucien, indique l'époque récente de cette version. Un autre groupe, dont nous ne parlerons pas, est antérieur à saint Cyprien. Mais les textes que j'ai tout à l'heure rapprochés des textes italiens se distinguent encore par un autre trait commun, par l'analogie avec le Spéculum déjà cité et avec les citations, non seulement de saint Augustin, mais tout particulièrement de saint Ambroise, l'illustre évêque de Milan. C'est que l'expression d'Italie désignait, au temps de saint Augustin à qui est dû le nom iVItala, le nord seulement de la presqu'île italienne, la province ecclésiastique de Milan, h'itala proprement dite parait avoir été la version, ou la révision biblicpie, usitée dans le « diocèse » politique d'Italie, qui comprenait alors Vérone, Aquilée, Brescia, Ravenne et Milan '.
Trouverons-nous dans ce qui précède quehpie lumière sur l'usage de la Bible dans les (laules? Assurément, s'il nous suffît d'une connaissance générale des textes qui y ont été en cours. Nous savons déjà que les textes dits européens ont été tout particulièrement pratiqués en Gaule : saint Ililaire de Poitiers est un de leurs principaux répondants. Il devait en être
1. Sur ces questions, voyez on particulier Vercellone, Vartiv Irvl/onrs, t. H, p. 346 ; E. \\ankL% Par jm/imp.seslorum Wiirchunicnshun , p. i03 et suiv. ; Frilzsche, IJhri apocnjpJii ]'. T., p. xn ; Ziegler, Bruchsiuvhc, 1883, p. xxx (E. Uankc). et surtout Ceriaui, Jtendiconli dcl B. Istilulo Lomhanlo, ser. Il, roi. XIX, fasc. iv, 18 février 1880, et De codice Marchaliano commentalio, Home, 1890, in-folio.