LES ANCIENNES VERSIONS
ainsi, el cette remarque confirme absolument ce que nous croyons savoir touchant la date récente des églises des Gaules '. Dans notre pays, pende provinces, sans doute, ont connu l'Evangile au temps où les anciens textes africains étaient encore en usage, et les colonies d'étrangers qui avaient apporté l'Évangile au ii® siècle sur les bords du Rhône parlaient le grec. En dehors de Lyon, de Vienne et d'Arles, peu de diocèses, dans les Gaules, font la preuve d'une organisation antérieure au commencement du IV® siècle -. Il est donc naturel que les textes du ^^^ siècle soient les textes gaulois par excellence. Les textes « italiens » n'ont pas tardé à faire concurrence aux textes « européens », et ils n'ont sans doute pas eu moins de succès en Gaule que les textes plus anciens. Il serait bien difficile de distinguer, dans les auteurs du vi° siècle, l'influence de deux groupes de textes si rapprochés. Les manuscrits bibliques eux-mêmes n'étaient pas toujours absolument d'une recension ni de l'autre. Pour l'Ancien Testament, du reste, le classement des textes n'est pas, nous l'avons vu, identique à celui du Nouveau. Nous nous bornerons donc à rappeler que nous avons trouvé dans saint Avit, pour le Pentateuque,des leçons toutes gauloises et nous dirons en concluant que les textes a européens » et « italiens » paraissent s'être partagé la Gaule, à l'exclusion des textes «africains ».
Ce serait le moment d'énumérer et d'étudier les plus anciens manuscrits de la Vulgate qui proviennent de France, mais nous ne pourrions encore le faire avec profit. Avant de pouvoir juger des textes delà Vulgate usités en France avant le milieu du viii® siècle, il nous faut apprendre à connaître l'histoire de la Bible dans des pays voisins, dont la littérature biblique a dû exercer une grande influence sur la nôtre. Le royaume des Francs était une terre ouverte à toutes les importations, et par conséquent un pays de textes mêlés et sans caractère propre. Au contraire, l'Espagne d'une part et l'Irlande de l'autre ont été longtemps des pays fermés, où devait se développer une littérature biblique très homogène. L'influence de ces textes, tout imprégnés de couleur locale, sur les textes mérovingiens et carolingiens se reconnaîtra facilement.
1. Serins traiis Alpes Dei relhjioae SKscepki (Siilpice Sévère, Chronicorum lib. \\, 32, édition Halm).
2. Tel est le système qui a été réceaimeut présenté avec éclat par M. Tabbé Ducliesnc (Mémoire sur l'origine des diorèses cpiscopaux dans l'ancienne Gaule. Paris, 1890. Extrait des Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. L).