‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 173 sur 340 · LA BIBLE DE GLANFEUIL · texte numérisé non relu

LA BIBLE DE GLANFEUIL

suivies de trois lii^nes en oiiciale noire; le reste de la colonne est en senii-onciale. Les canons des Evangiles et ceux de saint Paul (la Concor- (lia Pauli) sont également dans le genre de Tours. On remarque des he- (h'riv après certains explicit. Si grande est la ressemblance de la bible de Uorigon avec la première bible de Charles le Chauve, qu'on peut, même après un long examen, croire que l'une a été copiée sur l'autre. M. Corssen a démontré qu'il n'en est rien et que les dissemblances que l'on peut relever entre les deux bibles ne peuvent s'expliquer par la copie de l'une sur l'autre. Cela étant, il n'y a pas de doute que la plus ancienne des deux bibles ne soit celle du comte Rorigon.

C'est enfin de la première bible de Charles le Chauve que nous devons parler. Nous pourrions aussi bien l'appeler la bible du comte Vivien, du nom de son donateur, ou la bible de Metz. Elle a en effet appartenu au chapitre de la cathédrale de Metz ))endant tout le moyen âge; c'est en 1075 que les chanoines de Metz la donnèrent à Colbert, c'est pourquoi on l'a aussi appelée bible Colbertine. Elle occupe à juste titre le numéro 1 au fonds lalin de la Bibliothèque nationale; de 1852 à 1872, elle a été exposée au Musée des souverains.

Cette belle bible mérite une description quelque peu détaillée.

En tète on voit un double feuillet, où est écrit, en capitale rustique d'or sur pourpre, à l'intérieur d'une bordure d'argent, un poème commençant par le vers :

Rex benedicte, tibi haec placeat bibliotheca, Carie.

Sur cette même page, on voit des médailles qui portent les inscriptions : KaROLVS rex FRANCO[nVi]J\ et DAVID REX IMP[ERATOR\. Le feuillet qui suit, et qui ne fait pas partie du cahier qui vient après, montre au verso l'illustration de l'histoire de saint Jérôme et d'Eustochium. Les inscriptions, en vers, sont écrites, de même que celles de toutes les autres images, en capitale rustique d'or sur pourpre. Au folio 4, Viacipil de l'Épître à Paulin est écrit en capitale alternativement d'or et d'argent, à l'intérieur d'un cadre d'or orné d'entrelacs en argent. Les mots Frater Ambrosius, par lesquels commence cette Epître, sont inscrits au verso en c.ipitale d'or, dans un cadre semblable au précédent. On remarque la belle initiale F. La préface de la Genèse : Desiderii mel..., est écrite au folio 8 en onciale d'or sur pourpre ; l'initiale D représente le soleil et la lune dans le zodiaque. Le cadre est comme les précédents. Le reste de l'Epître est en onciale d'or, Vexplicit, en capitale rustique d'or. Au folio 9 r° et v° on lit, sous une arcature dominée par des lustres et surmontée de vents ou de monstres : Capitula libri Genesis, Tiluli m Velus Testamenlum. Le folio 10, dont le recto est en blanc, montre au verso l'histoire d'Adam et d'Eve, en tons roses. La Genèse commence au folio 11, en onciale, avec un I à entrelacs. Le cadre est en couleurs. Vincipit et les premiers mots sont en or sur pourpre. Le f-olio 27, dont

2d6 ALCUIN ET LES BIBLES DE TOURS.

le recto est en blanc, représente au verso, en haut Moïse recevant la loi, et en bas Moïse enseignant la loi au peuple et au grand prêtre, vêtu en roi. L'initiale de l'Exode représente Moïse sauvé des eaux ; les trois premières lign(»s sont en or et en noir sur vert, les suivantes en onciale. Le V initial d'Ésaïe figure l'autel embrasé, et deux séraphins auprès de Dieu, représenté par une tête; au-dessous, l'ange touche les lèvres du Prophète avec le charbon de l'autel. En tête du Psautier, on voit, sur une feuille dont le recto est en blanc, David entouré des quatre autres psalmistes ; à sa droite et à sa gauche sont les Cerethi et Phelet/d, et dans les angles les quiitre vertus cardinales. Vincipit du Psautier est écrit en onciale d'or sur pourpre, et le titre des Proverbes en capitale d'or sur pourpre. La préface des Évangiles: Novum opus facere me cogis..., est précédée de l'initiale B de son titre {Beato papœ Damaso...), richement ornée, dans un cadre. Les canons d'Eusèbc sont sous une arcature décorée de lampes et de figures monstrueuses : on remarque en particulier, au folio 327 v°, deux éléphants'. Entre le sommaire de saint Matthieu et l'Évangile lui-même est inséré un feuillet portant au recto un poème consacré au roi qui est appelé David : Exulta Ixtare salis... Ce poème est écrit en capitale rustique alternativement or et rouge. Au verso on voit le Christ dans une gloire de pourpre, les pieds sur le monde, entouré des symboles des quatre évangélistes, le tout dans un losange aux angles duquel des renflements contiennent les images des quatre grands Prophètes; dans les angles, les quatre évangélistes, chacun sur un nuage en quart de cercle. L'inscription qui accompagne cette peinture est en capitale rustique d'or. On trouve, en tête des Épîtres de saint Paul, les canons ou plutôt la Concordia Pauli, sous des arcades d'où pendent des lustres. Entre le sommaire de l'Épître aux Romains et TP^pître elle-même, un feuillet dont le recto est en blanc porte au verso une image à tons roses et rouges, représentant l'In'stoire de la conversion et de la captivité de saint Paul. Les inscriptions sont dans le genre des précédentes. Les figures de l'Apocalypse, au recto des(|uelles est copiée, d'une autre écriture que ce qui précède et avec une réglure grossière, la fin de l'Épître aux Hébreux, précèdent l'Apocalypse elle-même. Elles sont accompagnées d'inscriptions analogues aux précédentes. Le manuscrit se termine par un double feuillet contenant d'abord un nouveau poème écrit en capitale rustique d'or sur pourpre, et dédié au roi qui est tour à tour appelé : Rex splendlde David vX Rex Carole aime. Au verso, on lit l'explication de l'image qui suit, avec les noms des donateurs. Le deuxième feuillet montre, au verso, une peinture qui doit être étudiée avec soin.

1. 11 fuul raj)i)('l('r ici. avec M. Jaiiitschrk. (|iio rarrivi'c à Aix-Ia-Chaptllc. «mj 802, (le l\'lôpliaut envoyé à Charh'uiagiie jiar llaromi-al-Hachid (« mira spcvinciila rcç/no rrauconmi » ) fut im cvcncuiciit iiolahh' dans riiistoiiv di' la civilisalion caroliugieune .

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