‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 174 sur 340 · LA PREMIÈRE BIBLE DE CHARLES LE CHAUVE · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE BIBLE DE CHARLES LE CHAUVE

L'empereur y est représenté sur son trône, accompagné de deux conseillers et de deux soldats. Un homme, sous les traits duquel nous devons reconnaître le comte Vivien, fait avancer onze personnages, tonsurés et en vêtements ecclésiastiques, dont Fun offre au monarque un grand livre relié en rouge avec des clous de cuivre. En haut, la Main divine, de laquelle descend un rayon de lumière, quatre lampes suspendues et deux figures féminines portant des palmes et des couronnes.

Les noms des donateurs du livre sont contenus dans les vers incorrects qui précèdent la peinture, et dont voici les premiers:

Hsec etiam piclura recludit qaaliter héros

Offert Vivianus cum grege nuuc hoc opus. Arite uhi post patrem primites, mundiis Amandus,

Sig'valdus jiistus, summus Aregarias, Quis tribus est probitas, pietas, verumque fidesque,

Cetera honesta quoqae consociata simal.

Quartus liis junctus hœret, sanctissime David,

Qui te vi tota mentis amore coht.

Hi proni tibimet doraini de parte beati

Martini ac fratram ecce librum tribuunt.

Comme l'a fait remarquer M. Delisle, le nom d' a Haregarius » figure sur la liste des fratres de Tiironis dans \e. Liber conf rater nltatum deSaint- Gall ', et ce même religieux est connu pour avoir écrit en 857 une notice dont le texte nous a été conservé par la Pancarte noire de Tours'-. Peutêtre était-ce le copiste du manuscrit lui-même. Amandus et Sigvaldus, en ce cas, se seraient sans doute partagé les rôles de peintre et de décorateur. Le quatrième personnage de ce groupe monacal ne nous a pas légué son nom : sa modestie n'était que trop justifiée. C'était probablement l'auteur des vers détestables qui composent les dédicaces de notre bible.

Le comte Vivien, qui sert d'introducteur aux moines de Saint-Martin, fut un grand personnage. Quoique laïque, il reçut en 845, de Charles le Chauve, l'investiture de l'abbaye de Saint-Martin et de celle de Marmoutier. C'est lui qui, en 846, réduisit à deux cents le nombre des chanoines de Saint-Martin. Détesté en qualité de laïque et peut-être à cause de l'énergie (ou de la dureté) dont il paraît avoir fait preuve dans son administration, il fut tué, aux applaudissements de ses moines, en 851, au cours d'une campagne contre les Bretons. Dans le Livre des Révélations d'Audradus Modicus, sorte de vaticinium post evenlum qu'on date de 853, Dieu annonce en ces termes à Charles le Chauve la mort du comte Vivien:

Ibi (in Britannia) morietQr perfidus et nefandus Vivianus, qui non extimuit

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