Monuwenta Germanise, 'm-\°. p
2. Areyarius clericiis scripsit (E. Mabillo. La Pancarte noire de Saint-Martin, p. 123).
conciilcare nobilitatem ecclesiarum mearum, abbatem se glorians mouasterii B. Martial et cœterorum. Devorabuot enim idcirco caracs ejus ferai silvaram '.
C'est donc entre 845 et 851 que nôtre bible a été exécutée dans l'abbaye de Saint-Marlin de Tours. Il n'est plus nécessaire de démontrer que ce n'est pas à Cliarleinagne, ainsi qu'on l'a cru longtemps, qu'elle a été offerte. 11 est vrai que le roi Carlus ou Carolus auquel elle était destinée est plusieurs fois désigné par le nom de David, pseudonyme bien connu de Charlemagne, mais l'héritage du sang et celui du nom suffisaient à autoriser un poète de cour à transporter sur le petit-fils de Charlemagne le glorieux surnom de son grand-père. Une question plus sérieuse est celle-ci : la bible offerte à Charles le Chauve n'est-elle pas antérieure au règne de ce prince, et n'a-t-elle pas été, après coup, augmentée des pages où nous trouvons le nom du fils de Louis le Débonnaire ? Telle était l'opinion des auteurs du Nouveau Traité de diplomatique, qui croyaient pouvoir attribuer à Alcuin le corps même du manuscrit. Cette hypothèse pourrait se soutenir. En effet, tous les feuillets où se trouvent des vers dédicatoires et ceux où se voient des images peintes sont en dehors des cahiers du manuscrit proprement dit. Le parchemin de ces feuillets est plus grossier que celui du texte, et le genre de la peinture est autre que celui des initiales et des ornements. La bible forme donc un manuscrit complet, en dehors des appendices artistiques et poétiques qui l'accompagnent. Les derniers mots de l'Épître aux Hébreux, copiés d'une écriture différente, avec une réglure grossière, au dos de la peinture de l'Apocalypse, semblent en outre indiquer que le manuscrit a été remanié. On pourrait pourtant faire observer que le manuscrit paraît avoir été primitivement composé pour recevoir ces mêmes additions et qu'il a été destiné dès l'origine à une ornementation exceptionnelle. D'abord il est en général plus riche et plus beau que tous les autres manuscrits de la Bible sortis de l'école de Tours ; en outre et surtout la disposition même des cahiers semble attendre le complément qu'il a reçu. Le premier cahier (fol. -4-9), tel qu'on le trouve après les feuillets détachés du commencement, n'a (jue six feuillets, et il n'est pas précédé, ainsi qu'on le remarque dans pr(\sque toutes les bibles de Tours, d'un feuillet ou plutôt d'un recto en blanc destiné à le protéger. Le premier cahier des Psaumes, qui vient après l'image de David, paraît composé de quatre feuillets seulement. Enfin, le dernier cahier de saint Paul, après lequel on voit la peinture de l'Apocalypse, n'a que six feuillets (ff. il0-i2l). La seule explication possible de celte inégalité est celhî-ci : le manuscrit a toujours été destiné i» être complété par les mêmes peintures et par les mêmes appendices. Le fait que les derniers mots de l'Épître aux Hébreux sont d'une autre main, ne s'explique pas davantage dans l'hypothèse d'uu manuscrit retouché, car il
1. Bouquet, 1. VU, p. 290. llauivau. Callia cluisllana, l. \1\. ool IG"».