LA PRKMIKRE BIBLE DE CHAULES LE CHAUVE
n'y a pas là de quoi remplir même un feuillet, et d'ailleurs Técriture de ces derniers versets est de la même école que celle du manuscrit. Quoi qu'il en soit, si même la bible du comte Vivien (ce qui ne semble pas prouvé) n'a pas été écrite pour être ornée des peintures et des appendices qui la décorent, elle n'est pas de beaucoup plus ancienne que l'époque du comte Vivien (845-851). Selon toute apparence, elle est la dernière comme la plus ricbe de celles qui sont sorties de l'atelier de Tours. La bible de Monza paraît signée d'Amalricus, qui était moine de Saint-Martin en 841 et écolàtre en 846, et celle du comte Rorigon paraît de peu postérieure à 840. C'est sous Frédégise (807-834) qu'Adalbaldus paraît avoir fondé l'école calligrapbique de Tours, et les beaux monuments de l'art des moines de Saint-Martin que nous en avons conservés en si grand nombre paraissent s'être succédé rapidement.
Le lecteur a déjà reconnu dans les peintures de la bible du comte Vivien, pour trois images sur quatre, la doublure des peintures de la bible de Grandval. L'image du Christ a seulement fait place à la vie de saint Paul. Les légendes même sont identiques. Il serait peut-être peu utile de rechercher la prosodie de ces vers incorrects ; il ne sera pourtant pas sans intérêt de remarquer que les seules inscriptions qui soient en distiques sont celles que la bible du comte Vivien a ajoutées aux inscriptions de la bible de Grandval. La dédicace et la légende de la peinture votive sont écrites dans la même mesure : raison de plus de penser que notre bible est plus récente que celle de Grandval. Je ne fais que rappeler la remarque qui a été faite à propos de celle-ci: l'exécution beaucoup plus grossière de la bible de Grandval ne semble pas indiquer une mauvaise copie, mais un premier essai. L'étude du texte confirmera cette impression. Nous devons encore remarquer que le cycle des peintures de la Genèse est moins complet dans la bible de Vivien que dans la bible de Bamberg et moins conforme au modèle donné par Alcuin.
Nous avons déjà dit que jusqu'à Colbert, la bible du comte Vivien était conservée à la cathédrale de Metz. Les auteurs disent qu'elle a été donnée à l'église de Metz par Charles le Chauve. Ce prince ayant été couronné, le 9 septembre 869, dans l'église Saint-Étienne de Metz, comme roi des Etats de Lolhaire, cette assertion n'a rien que de vraisemblable ; elle est néanmoins sans preuves. Mais il est certain qu'au moyen âge notre bible se trouvait à Metz et qu'elle passait pour avoir appartenu à Charlemagne.
Le souvenir de Charlemagne a été conservé, à la cathédrale de Metz, par diverses traditions non moins dénuées de fondement que celle qui s'attaclie à notre bible. Deux des tours de l'église ont porté le nom de c( tours de Charlemagne », et on montre au trésor le célèbre manteau dit de Charlemagne '.
Un correctorium du xiii^ siècle, qui est l'œuvre d'un homme de grande