Manuscrits dissidents
Les bibles du ix^ siècle où l'on remarque l'écriture semi-onciale n'appartiennent pas toutes à la même école paléographique. La confusion est assez grande parmi les bibles authentiques de l'école de Tours, pour que nous ayons le droit d'accueillir avec empressement une distinction qui met à part un certain nombre de manuscrits. Nous remarquons, parmi les bibles décorées de la semi-onciale carolingienne, un certain nombre de manuscrits dans lesquels la lourdeur du trait et la gaucherie de la main trahissent parfois l'imitation, plus souvent l'inexpérience et les débuts d'un art en formation. La première bible de Saint-Aubin d'Angers, dont nous avons à parler d'abord, n'est pas une contrefaçon des bii)lesde Tours, mais on y relève certains traits paléographiques qui ne sont pas dans la tradition pure de l'école calligraphique de Saint-Martin.
Le manuscrit 1 de la bibliothèque de la ville d'Angers, dont nous parlons, provient de l'ancienne abbaye de Saint-Aubin. On y retrouve la semi-onciale de Tours dans les préfaces d'Ézéchiel, de Daniel et de Job,
1. Lo P. Dt^iide nommo Guillaume de la Mare {Arc/tfv, t. IV, p. 7j et 2G5).