‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 188 sur 340 · Toi. cav. : verbinn vestrum · texte numérisé non relu

Toi. cav. : verbinn vestrum

2. latrodncere : dcm. B. N. 6. 254. 309. 321, textes du xiii^ siècle.

3. Autrt'.s leçons des manuscrils : et and. ab. atteri dicentem : S. Gall 2. vall* ; et a. de altari dicentem : arm.; et a. de altare dicentem : cav. ; et a. altare dicens: fuld. B. N. 4**. 7. 11553. Thcod.; et a. alternm dicens : am. fol. Théod'"s {al.):,

2i34 ALCriN ET LES BIBLES DE TOURS.

Comme on le voit, la bible de Zuricb a été copiée avec une certaine négligence. Mais, en debors des fautes de copie qu ilui sont particulières et -qui, du reste, ne se sont pas perpétuées dans les autres manuscrits, elle a certainement un texte difl'érent, à bien des égards, des manuscrits de la même famille qui paraissent plus récents. Nous savons déjà que, dans les Epîtres de saint Paul, elle contient une recension du texte toute particulière, reconnaissable dès l'abord aux sommaires dont elle est accompagnée, et qui paraît (cbose digne de remarque) rappeler à certains égards les textes usités dans ce qui fut plus tard le Languedoc.

Le manuscrit de Zuricb a reçu, dès le lv^ siècle, un certain nombre de corrections qui ne manquent pas d'intérêt '.

Nous avons, pour le moment, peu de chose à dire de la bible de Bamberg. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, elle paraît se distinguer fort peu, à l'égard du texte, de la bible de Zurich. Dans les Épîtres de saint Paul, en particulier, elle semble présenter le môme texte, si on en juge par les sommaires. Néanmoins, ici même, on remarque des différences dont on ne peut saisir la raison. Il a dû y avoir à cet endroit, dans l'original commun des diverses bibles de Tours, quelque mutilation qui nous échappe, mais dont la trace s'est conservée. La grande variété dont les Epîtres de saint Paul nous montrent le tableau en est la preuve. Nous verrons tout à l'heure que, dans les Évangiles, la bible de Bamberg paraît quelque peu plus rapprochée de la tradition du Codex VallicelUanus que la bible de Zurich. Ce que nous avons observé des Épîtres de saint Paul nous mène au même résultat. On peut donc lui donner, jusqu'à preuve du contraire, la première place en tête des beaux manuscrits copiés dans l'école de Tours.

La bible de Berne paraît en général plus rapprochée, par son texte, des bibles de Bamberg et de Zurich que des manuscrits plus récents. Nous avons déjà remarqué que, dans les sommaires des Évangiles, elle a certaines particularités en commun avec la bible de Zurich. En revanche, les sommaires des Épîtres de saint Paul ne sont pas ceux du manuscrit de Zurich; ils sont identiques à ceux du Codex VallicelUanus et en partie à ceux de la bible de Bamberg : nouvelle preuve de la difficulté qu'il classer dans un ordre généalogique les bibles de Tours.

La bible de Cologne a pour nous un intérêt particulier, à cause des corrections et des additions qu'elle a reçues, presque aussitôt écrite, dans l'atelier même de Tours. Plusieurs de ces corrections représentent les mauvaises leçons et les interpolations des plus récents parmi les manus-

el a. aUcnun dhcn/c/ii : Zurich**. B. iN. 93. lOi. 11Ô05. I72JO*. Geucvc I. B.-nic A. y*; el a. allcnim ah (illari divcns : Col.; cl a. de allure diccns : .Muii. 0'2au ; et a. allcnmi aïKjchon dhcnlc/n ah uUari : B. N. 172JO**.

1. Exemiilt's : Uo.m., xiii, U, tempus est eflacé (= B. N. 17250; li'coii rai\' «i iuiporlaiilc. — Il Tu uni;, iii, 10 {\m\\y perdit ioncni] : danina'/oinni Vitycz du iv>h' jilus luuiL

crils de Tours, et nous pouvons ici prendre sur le fait les altérations du texte de Tours. II est certain, en eiïet, que ce manuscrit, dans lequel la corruption du texte est en train de s'accomplir, doit se placer un peu avant les derniers manuscrits, les plus interpolés, de l'école de Tours. Il serait pourtant difficile de lui assii;ner un(^ place précise, tant sont flottants les rapports de nos textes entre eux.

Il nous reste à parler des bibles dissidentes, de la bible de Saint-Aubin d'Angers et de celle de Monza. On se souvient que les Epîtres de saint Paul sont la partie de la Bible où le texte varie le plus dans les manuscrits de Tours. Nous avons montré ' que dans le manuscrit de Saint-Aubin les sommaires des Épîtres de saint Paul présentent certaines particularités toutes spéciales-. Nous relèverons tout à l'heure certains rapprochements remarquables entre la bible de Saint-Aubin et les représentants de la plus ancienne tradition alcuinienne. Le manuscrit a été corrigé plusieurs fois, et certaines des corrections qui y ont été apportées semblent intéressantes ^ La bible de Saint-Aubin paraît représenter à tous égards, dans l'école de Tours, une très ancienne tradition.

Quant à la bible de Monza, il n'en est peut-être pas de plus ancienne parmi celles qui sont sorties des ateliers de Tours. Par certains traits, elle se rattache à ce qu'il y a de plus ancien dans la tradition d'Alcuin. Elle semble pourtant, à certains égards, moins éloignée des derniers manuscrits de Tours que la bible de Berne, par exemple. Mais il ne convient pas de prolonger outre mesure une comparaison qui ne peut aboutir à des résultats précis. Comme nous l'avons dit en commençant, aucune de nos bibles peut-être n'a été copiée sur une autre, et les modèles copiés ont été nombreux et variés, et sans doute souvent retouchés. Peut-être même les cahiers de ces modèles ont-ils été parfois confondus : cette hypothèse répondrait à plus d'une des difficultés de notre sujet.

Sous ces réserves, nous ne pouvons que nous rallier, en les modifiant ijuelque peu, aux conclusions de M. Corssen, et nous pouvons dès à présent ranger en tête des grandes bibles de luxe exécutées dans l'école de Tours les bibles de Bamberg, de Zurich et de Berne, à la suite desquelles se placent les bibles de Grandval et de Cologne, suivies de la bible de (llanfeuil et de la première bible de Charles le Chauve. Mais, avant les bibles les plus anciennes de l'école décorative de Tours, nous placerons les deux bibles dissidentes de Monza et de Saint-Aubin. Ces deux manuscrits sont pour nous, parmi les grandes bibles du ix® siècle, les plus anciens produits des ateliers de l'abbaye de Saint-Martin.

Ce premier résultat étant acquis, nous passons à la comparaison des bibles de Tours avec la bible de la Vallicellane.

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