‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 196 sur 340 · B. N. 2 : cujus patriœ vœ · texte numérisé non relu

B. N. 2 : cujus patriœ vœ

3. B. N. 2 : pfijsanas; Théod. sur uu gratlag." et Puy : pUsinas; B. N. 1 1633* ol lexles (lu xin° siècle: tipsanas ; S. (îall 12 : (/i/psinus.

■\. Voyez p. 200. Rubriques des manusiTils de Tours : i. l : Vox sijnagognc : .Mgra s II m... G : Vox ecclcsi:v ad Cliristum : Indien mihi... 0. Après homincm Cijrenœum (Col.**. B. >'. l. 3. 17).

les Evangiles de Sninl-Marlin de Tours, sans parler de beaucoup d'autres autorités, d'ailleurs insulfisantes '. Il semble que, par ce petit nombre d'exemples, nous assistions à la transformation successive du texte des Évangiles dans les bibles de Tours. Peu différent peut-être à l'origine du texte du Codex Valliccllianus, le texte de Tours se modifie peu à peu jusqu'à ne plus lui ressembler en rien.

Ce résultat diiYôre de celui auquel M. Corssen est arrivé dans son travail à tant d'égards remarquable. Il nous faut donc le justifier en l'appuyant sur les collations m unes que M. Corssen a réunies avec une si louable exactitude.

M. Corssen a relevé, dans quarante manuscrits du ix® siècle, les variantes de 2G9 passages choisis dans les trois premiers Évangiles. De ces quarante manuscrits, douze sont des bibles complètes et huit de ces bibles ont été copiées à Tours. Or, si nous comparons les leçons du Codex VallicelUanus à celles des principales bibles de Tours, nous trouverons que, sur :269 passages, le Codex VaUicelllanus est en désaccord :

103 fois avec la première bible de Charles le Chauve ;

94 fois avec la bible de Glanfeuil ;

60 fois avec la bible de Cologne ;

60 fois avec la bible de Grandval ;

55 fois avec la bible de Zurich ;

ôi' fois avec la bible de Berne ;

52 fois avec la bible de Bamberg, et

48 fois seulement avec la bible de Monza.

Ainsi, selon toute apparence et d'après les collations mômes de M. Corssen, la bible de la Vallicellane paraît être le point de départ, déjà assez lointain, du développement du texte des Évangiles, et les manuscrits de Tours semblent s'en être éloignés dans l'ordre suivant:

Bible de Monza,

(Bible de Saint-Aubin)

Manuscrit Haii. 2805,

Bible de Bamberg,

Bible de Zurich,

Bible de Berne,

Bible de Grandval,

Bible de Cologne,

Manuscrit B. N. 47,

Bible de Glanfeuil,

Et première bible de Charles le Chauve, ce qui était à démontrer.

l. ut implereiur — miserait sortent: am. hiij. I)3di* . xVtnbr. l. Gl sup. et autres manuscrits irlandais, ml, ?n>n. gat. Angars 2J. Autui 3. Z^irich. Grande. Col. B. N. 1. 3. 47. etc.).

IIIST. DE LA. VUIj'îATS. 16

Tous les changements au texte alcuinien des Évangiles ont été des altérations. Ce texte, de caractère anglo-saxon, mais primitif et relativement pur, est devenu, entre les mains des correcteurs de Saint-Martin de Tours, le texte le plus vulgaire et le plus abâtardi que l'on puisse penser. J'ai tort de parler ainsi : tout le moyen âge s'est appliqué à l'interpoler et à le défigurer encore davantage.

Quant au reste du Nouveau Testament, il nous suffira de ce qui a été dit de la difficulté de classer le texte de certains livres, et nous éviterons d'entrer dans un examen qui serait épineux. Nous avons reconnu, en effet, que dans bs Actes des Apôtres et dans les Épîtres de saint Paul, de mêm3 que dans certaines parties de l'Ancien Testamsnt, le texte du Codex V allie ellianus a subi des influences étrangères. II y a là des doublets, des sommaires qui ne sont pas d'accord avec le texte, des corrections déplacées, en un mot toutes les marques d'un texte retouché. Néanmoins, pour les Épîlres de saint Paul elles-mêmes, il nous a semblé pouvoir mettre encore le Vallicellianus en tête de la série des textes. Mais il faut craindre de trop nous avancer sur ce terrain.

Si nous sommes encore dans l'incertitude, sur plusieurs points, quant aux rapports des textes de Tours avec le texte d'Alcuin, nous n'en croyons pas moins pouvoir affirmer que ces rapports existent. Nous pouvons même, pour certaines parties de la Bible, en formuler la loi, et nous avons quelque clarté sur la déformation successive du texte alcuinien. Cette altération est si profonde, qu'il faudrait nier qu'il y ait aucun rapport entre les dernières bibles de Tours et l'œuvre d'Alcuin, si nous n'avions sous les yeux de nombreux textes intermédiaires, dans lesquels on peut suivre comme à la piste ce changement incessant. Telle a été l'œuvre de cinquante ans de copie, l'œuvre surtout des dix années qui ont précédé l'an 850, dans le monastère mf^me qui avait été dirigé par Alcuin.

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