‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 2 sur 340 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

avoir. An resto, les noms d'Alcuin et de Théodull'e n'épuisent pas l'histoire de la Bible sous les Carolingiens. Nous possédons beaucoup de manuscrits, copiés en France au ix^ siècle ou même plus tard, qui n'ont subi en l'ien l'influence des réformes tentées au temps de Charlemagne. Ce sont des textes éminemment français, tels que la France du nord les conservait, par une tradition déjà ancienne. D'autres, plus intéressants encore, ont été copiés dans le midi de la France à une épocjuc parfois beaucoup plus récente. Les pérégrinations de ces textes méridionaux et leur progrès vers les pays situés au nord de la Loire ne sont pas le moindre inlérèl de notre sujet. Tous ces textes iipparticnncnt à notre examen.

Il pourrait sembler étrange d'aborder l'Histoire de la Vulgatepar son milieu, et d'en négliger la partie la plus importante, les origines. L'histoire ne s'écrit pas comme on voudrait l'écrire, mais comme on peut la connaître, or l'histoire de la Yulgate, dans les premiers siècles de son existence, nous est presque entièrement cachée. Sans doute, la correspondance de saint Jérôme et les préfaces qu'il a (îcrites pour le plus grand nomhre des livres de la Bible répandent , beaucoup de lumière sur la composition de la Vulgate. En outre, la version nouvelle, traduite sur l'hébreu, diffère si profondément des anciens textes latins, qui avaient pour base le texte .des Septante, (jue toute confusion est impossible. Mais il n'en est pas ainsi du Nouveau Testament, dans lequel saint Jérôme, par respect pour l'usage, a conservé tout ce qu'il pouvait des textes anciens. Les deux versions étaient si près l'une de l'autre, qu'elles se sont souvent presque confondues.

Les manuscrits les plus anciens représentent le plus souvent des textes mêlés, où des leçons excellentes se rencontrent avec des altérations de toute espèce. On a pu hésiter à admettre que saint Jérôme soit, pour une partie du Nouveau Testament, l'auteur, même secondaire, de la Vulgate. Ces scrupules étaient exagérés, mais ils montiaient une juste appréciation des dilïicultés du sujet Plus obscure encore est l'histoire des livres apocryphes, ou deutérocanoni(]ues, de l'Ancien Testament. Nous n'en savons guère qu'une chose, c'est que saint Jérôme n'a pas prétendu faire ici une œuvre nouvelle, et qu'il s'est borné à retoucher, plus ou moins rapidement, l('> versions anciennes. Tant (lue ces versions ne seront pas mieux ciui-

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nues (car nous en avons fort peu de manuscrils), nous ignorerons quelle a été la part du réviseur dans l'œuvre nouvelle. L'excellente édition des anciens textes bibliques que nous devons à Dom P. Sabatier ne peut plus suffire aujourd'hui, et celle dont l'Académie de Munich vient d'entreprendre les travaux apportera sans nul doute à l'élude de ces questions de précieux éléments de critique, mais cette édition doit être préparée par des recherches étendues, qui devront déterminer les manuscrits à publier de préférence et en établir la valeur. Ce n'est pas tout. Nous avons conservé des fragments d'une version plus ancienne de l'Ancien Testament, faite par saint Jérôme sur le texte grec et qur, elle aussi, n'est qu'une revision des textes antérieurs; saint Jérôme a même traduit trois fois le Psautier. Le Psautier, dans cette ancienne version de saint Jérôme, peut être étudié facilement, car nous avons plusieurs bons manuscrits des textes antérieurs, mais il n'en est pas de même du livre de Job, pour lequel tout est h découvrir. Comme les textes des anciennes versions et de la nouvelle sont constamment mêlés et enchevêtrés dans les manuscrits, on voit que rien ne peut être fait, pour l'histoire des origines de la Vulgate, avant que l'inventaire des principaux manuscrits ait été dressé, et surtout avant que l'histoire de la filialioii des textes ait été écrite, ou du moins qu'on en ait tracé le plan.

Il semblerait qu'en ces matières Cassiodore doive nous être d'un grand secours. Toute une partie de son fameux livre De Instilutione divinarum lilterarum est en effet consacrée à la description des manuscrits de la Bible que le grand savant avait fait copier dans son couvent du Brultium. Même, la belle découverte de M. de Rossi nous avait fait espérer quelque temps que nous avions retrouvé, dans le célèbre Codex Amialimis, un texte très voisin de celui de Cassiodore. Il a fallu renoncer à ces espérances. Les chapitres de VTnstitutio nous apportent, encore aujourd'hui, plus de difficultés que de lumière, et cette incertitude s'augmente encore si nous abordons l'étude des parties accessoires de la Bible, en particulier des sommaires qui sont en tête des livres saints, et dont Cassiodore a composé plusieurs. Lesquels? nous ne le savons. On voit que tout est incertitude dans l'histoire ancienne de la Vulgate. Il n'y a donc qu'une marche à suivre, c'est de partir de l'époque la plus connue, où les manuscrits abondent, pour remonter le plus près qu'il sera

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