‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 202 sur 340 · LES ÉVANGILES DE LOTHAIRE · texte numérisé non relu

LES ÉVANGILES DE LOTHAIRE

Sed Sigilaus, parens jussis régis studiose, Hoc cvangeliiim illic totuin scribere jussit...

Au verso du môme feuillet, on voit le Christ dans une gloire, sur un fond violet, tenant dans sa main gauche un livre et dans la droite, entre le premier et le quatrième doigt, une pièce d'or ou plutôt une hostie ; ses pieds reposent sur un globe vert. Autour, les emblèmes des quatre évangélistes et, en haut et en bas, en. capitales rustiques d'or, les deux vers :

Quattuor hic rutilant uno de foute fluentes Matthei, Marci, Lucse libri atque Johannis ' .

Au troisième feuillet, on lit, en capitale rustique d'or, quatre vers :

Hic Damasi species rutilât forma beati, Hieronimi atque beati splendet forma sub illa...

Néanmoins, ni la figure de Damase, ni celle de saint Jérôme ne se rencontrent ici.

La décoration du manuscrit est en général de la plus grande richesse. Il faut remarquer particuUèrement les gracieux médaillons qui contiennent Vincipil des sommaires des quatre Évangiles. Les couleurs en sont vives, fraîches et harmonieuses. La semi-onciale de l'école de Tours se voit en plusieurs endroits.

Comme M. Delisle le fait justement remarquer, ce manuscrit était destiné par l'empereur Lothaire à la même église, dédiée à saint Martin, dans laquelle il a été copié :

... gregem librum intra scribere jussit.

Cette remarque exclut la pensée qu'il ait été offert à Saint-Martin de Metz. Ce système, qui était celui de Baluze et de Mabillon, a encore été défendu par M. Lepage et par M. le professeur Kraus, et il a induit ces auteurs en une série de regrettables erreurs. Au reste, notre manuscrit a été quelque temps, sinon à Metz, du moins dans le voisinage de cette ville. La chose est attestée par une note de l'an 1367, inscrite au feuillet 76 v° par Gilbert, abbé cistercien de Pontifroid, près de Metz, et relative au prêt de trois florins d'or fait par un moine de Thoplicka,en Croatie, de passage à Pontifroid. Le nom de Sigilaus s'est rencontré plusieurs fois à Saint-Martin de Tours. Sigilau figure dans le Livre des confraternités de Saint-Gall parmi les fratres de Turonis, et M. Delisle ne doute pas que ce Sigilau, qui vivait sous Louis le Débonnaire, n'ait été le copiste de notre manuscrit. L'empereur Lothaire étant mort en 855, notre manuscrit est antérieur à cette année. Il est sans doute postérieur, non seule-

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