DIVERS MANUSCRITS DES ÉVANGILES
ciel est un ange tennnl un livre. Le Christ est dans une gloire ; ses pieds sont posés sur un globe venlàlre bordé d'or ; il tient en sa main gauche un livre et dans sa droite, entre le premier et le quatrième doigt, une hostie; le fond est violet clair et semé d'étoiles. Autour de la gloire, (|u'entourent les emblèmes des quatre évangélistes, on lit, en capitale rustique d'or, sur un bandeau ovale de pourpre bordé d'or :
Hac sedet arce Deus, mundi rex, gloria ca^li. Quatiuor hic luliUint uiio de fonte iluentes.
Je dois rappeler ici que la décoration des manuscrits des Évangiles indique souvent de tout autres rapprochements que le texte lui-même.
Le manuscrit d'Antoine Faure (B. N. 274) paraît provenir de Meaux. Au folio 159 v% une main, qui paraît du xii^ siècle, a écrit ces mots incorrects :
Ego Simon humilis béate Marie de Gagia abhas promltto tibi pater Maiiase et siissesoribiis tuis aque (sic) matri ecclesie Merdensi (corrigé : Meldensi) debitani subjectionem atque obedienciam secundam instituta sanctorara patriim ore proniillo aque manu confirme f.
L'abbaye de Chage était dans la banlieue de Meaux. Manassé II fut' évèque de Meaux de 1135 à 1158, et Simon fut abbé de Chage de 1152 à 1174-. Le manuscrit est du reste écrit à Tours. On y remarque la semionciale de l'école de Saint-Martin.
Le manuscrit B. N. 267 qui provient de Colbert, paraît avoir été au xv*^ siècle en Provence. On y voit, au folio \ii v", écrite à cette époque, une charte de Raymond-Bérenger, comte de Provence, en faveur de Montmajour. La semi-onciale de Tours se reconnaît dans les préliminaires et dans la première ligne de quelques chapitres.
Le manuscrit B, N. 263, qui est mutilé, montre bien des ressemblances avec le précédent. Les arguments et la première ligne de chaque section y sont écrits en semi-onciale.
Le manuscrit additional 11849 du Musée britannique a été également écrit à Tours. Les préliminaires, jusqu'à l'argument de saint Matthieu, sont écrits en une jolie petite semi-onciale ; la première ligne des paragraphes est également en semi-onciale. Les canons des Evangiles sont dans le style de Tours.
Je ne fais que mentionner le manuscrit Hamilton 248, actuellement à la bibliothèque royale de Berlin, que M. Corssen range au nombre des manuscrits écrits à Tours.
Le manuscrit B. II. 11 de la bibliothèque de l'Université de Bâle, (jui provient des chartreux de cette ville et qui leur avait été donné au xv*' siècle par le doyen de Bheinfelden, Antoine Uustmann, paraît également écrit à Tours. Son origine est pourtant moins certaine que celle des manuscrits que nous venons de passer en revue. Les canons sont de style
français, et peut-être dans le genre de l'école de Tours ; ils sont surmontés d'oiseaux, parmi lesquels on remarque des paons, comme dans les Évangiles du Mans. La première ligne de l'argument de saint Luc et l'argument de saint Jean en entier sont en semi-onciale, mais celte écriture n'a pas toute la pureté des meilleures écritures de Tours. Comme il a dû y avoir dans les écoles de Tours des apprentis aussi bien que des maîtres, nous ne croyons pas qu'il y ait ici une raison suffisante pour refuser de mettre les Évangiles de Bàle au nombre des manuscrits de Tours.
Le manuscrit 1171 de l'Arsenal, qu'on a appelé à tort Évangiles des Célestins, montre également la semi-onciale carolingienne dans ses préliminaires, mais il semble plus récent que les précédents. La minuscule semble incliner vers le x^ siècle. Sur la dernière garde, qui forme l'intérieur de la couverture, on lit un nom écrit d'une main contemporaine : Erluinus peccator. Peut-être est-ce le nom du copiste. Les figures des évangélistes sont intéressantes, car elles reproduisent un type que nous rencontrerons ailleurs, le type dramatique. Les évangélistes sont dans une enceinte; leur air est tragique; saint Luc est assis sur des flammes; ils sont représentés dans le moment de l'inspiration. C'est sans raison que M. de Bastard a appelé ce manuscrit Évangiles des Célestins, car il ne figure pas (M. H. Martin veut bien m'en donner l'assurance) dans l'inventaire de la bibliothèque des Célestins, rédigé par le P. Daire (B. N. fr.
Le manuscrit Harléien 2790 pourrait être rangé dans une catégorie à part. Il provient de Nevers, et les trois distiques qui sont écrits en tète des canons des Évangiles attestent qu'il a été donné à la cathédrale de Saint-Cyr par l'évêque Hériman, qui occupa ce siège de l'an 841 (au plus tard) à l'an 860. Sur une des pages des canons des Évangiles, on trouve, dans les entrelacs mêmes, la signature a Gedeon ». Ce nom est certainement celui du peintre, et d'un peintre peu habile. L'écriture est une grosse minuscule du ix° siècle. Les deux premiers feuillets de saint Mattbieu, ainsi que les arguments des autres Évangiles, sont écrits en une semi-onciale à laquelle il manque les N onciaux et qui pourrait être considérée comme une imitation de l'écriture de Tours, si ce n'en était plutôt une forme encore imparfaite. Nous avons déjfi fait remarquer les ressemblances, tant paléographiques que relatives au texte, qui unissent notre manuscrit à la bible de Monza '. Sur 2G9 passages colla lionnes, on ne relève, entre les deux manuscrits, que 10 variantes. Vinterprelatio nominum hebraicorum, qui est copiée en tète des Évangiles, semble attester l'origine anglo-snxonne de ce texte.
Le manuscrit 324 de la Bibliothèque nationale paraît copié en petit sur un manuscrit do Tours. L'écrilure est line; elle parait de la lin du
l. Voyez plus haut. p. 223.