CLASSEMENT DES ÉVANGILES DE TOURS
95 fois contre In bible de Moiiza ; 9) fois contre le Codex ValUcellianus; 90 fois contre la bible de Grandval ; 84- fois contre le manuscrit B. N. 9385 ; 67 fois contre le manuscrit B. N. 267 ; 47 fois contre la bible de Glanfeuil; 42 fois contre la deuxième bible de Cliarles le Chauve ; 38 fois contre la première bible de Cliarles le Chauve ; 26 fois (sur 229 collations) contre le manuscrit B. N. 274 ; et 12 fois seulement (sur 269 passages) contre la seconde main de la première bible de Charles le Chauve.
Ces chiffres se présentent à nous avec une netteté parfaite. Ils nous montrent les divers manuscrits rangés à peu près dans un ordre contraire, suivant que nous les comparons avec les premiers de nos manuscrits ou avec les derniers. Les premiers (Harl. 2700, add. 11843, B. N. 267 et 9385) sont fort rapprochés des plus anciennes bibles, ('e cclies lo Monza, de Bamberg et de Zurich; les derniers (B. iN. 274 et Évangiles de Lothaire) sont placés à l'extrémité opposée du développement du texte biblique ; ils se tiennent fort près de la première bible de Charles le Chauve, qui est le plus récent de nos manuscrits de la Bible. Les Évangiles de Lothaire, en particulier, représentent, presque sans aucune différence, le texte même d'après lequel a été corrigée la première bible de Charles le Chauve.
Les manuscrits que je viens d'énumérer forment avec deux autres (Hamilton 248 et Bàle B. IL 11) le premier groupe des manuscrits évangéliques copiés à Tours. Ils représentent, à ses différentes périodes, l'histoire des variations du texte de Tours. Quant aux trois manuscrits que leurs sommaires suffisent à classer à part (B. N. 261, add. 11849 et Arsenal 1171), leur texte n'appartient pas à proprement parler, non plus que leurs préliminaires, à la tradition de l'école de Tours. C'est le texte et ce sont les préliminaires du groupe franco-saxon, que représente la deuxième bible de Charles le Chauve. La tradition de ces textes ne provient pas de Tours, mais probablement du nord de la France. Au reste, nous remarquons, dans des manuscrits plus récents qui ont encore le texte de Tours, tels que les Évangiles de Lothaire, un rapprochement notable avec le groupe franco-saxon.
Je ne mentionnerai que par un mot le manuscrit B. N. 263, qui est un texte interpolé, mais au fond parent du premier groupe des manuscrits de Tours.
Quant aux Évangiles de Nancy et à ceux qui sont signés d'Adalbald, ils prennent rang en tête de la série de nos manuscrits. Ainsi que nous l'avons vu, le manuscrit dont les Évangiles de Nancy se rapprochent le plus est le même que nous avons mis, après le manuscrit Harl. 2790, en tète de notre liste, et les manuscrits dont ils s'éloignent le plus sont les
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plus récents. Quant aux Évangiles d'Adalbald, ils occupent une position analogue. Nous pouvons donc grouper nos manuscrits des Evangiles comme il suit :
1° Groupe de textes parents des bibles de Monza, de Bamberg et de Zurich :
Harl. 2790 (de Nevers).
B. N. 17227 (Adalbald).
Nancy.
Add. 11848 (de Saint-Corneille).
2° Groupe de textes parents de la première bible de Charles le Chauve :
B. N. 274 (de Meaux).
B. N. 266 (Évangiles de Lothaire).
11 y a probablement lieu de ranger ici les manuscrits Ilamilton 248 et Bàle B. II. 11. Le manuscrit B. N. 263, quoique interpolé, paraît devoir être rangé dans l'un des deux premiers groupes.
3° Groupe de textes rapprochés du groupe franco-saxon :
B. N. 261 (du Mans).
Arsenal 1171.
Telle paraît être l'histoire des variations du texte biblique dans l'école de Tours. Ces résultats s'éloignent à peine de ceux auxquels est arrivé M. Corssen. En réalité, ils lui appartiennent plus qu'à nous, ayant été tirés, pour la meilleure part, des importants documents qui ont été réunis par ce consciencieux auteur.
CIIAPITUK II l'école ciirysographique
Nous remontons à l'époque de Charlemagne et nous entreprenons d'étudier le groupe important et ancien des manuscrits écrits en lettres d'or.
De ces manuscrits, le plus ancien est sans doute le fameux manuscrit Hamilton 251, qui, après avoir été quelque temps entre les mains de M. B. Quaritch, a été acquis en 1890 par M. Th. Irwin, d'Oswego (État de New-York). Grâce à la parfaite obligeance de M. Quaritch, j'ai pu l'étudier avec quelque détail. Le manuscrit étant parti pour l'Amérique lorsque je me suis présenté une seconde fois à Piccadilly, M. Irwin a bien voulu me mettre en relation avec le Rev. B.-W. Bacon, grâce auquel j'ai pu compléter mes collations.
Le parchemin est de pourpre. L'écriture est une belle onciale d'or. Les initiales de chaque section sont placées dans le cadre de la colonne. Lorsque le rejet n'est que d'un mot, à la fin d'une section, il est pris sur la ligne suivante, sans alinéa ; la première ligne des sections envoie souvent un rejet sur le blanc de la ligne qui précède. On voit, à la fin des lignes, un trait sur la lettre, pour m et n, et les abréviations nés, is, tus, tur, luit; dans le texte, es est marqué par e surmonté à droite d'un s; dans saint Jean, on remarque deux fois l'abréviation per et deux fois e surmonté d'un trait, pour est. L'U majuscule est à remarquer : il est formé adroite d'une haste qui descend en se recourbant comme dans l'Y, et à gauche il alfecte la courbure rentrante de l'écu allemand; TU oncial a parfois une forme à peu près semblable. L'A n'est pas formé à gauche d'une boucle, mais d'un trait assez long accompagné à l'intérieur d'un crochet. On voit quelques A semi-lunaires, formés de deux C et non fermés par en haut; à la fin d'une ligne, dans saint Luc, on voit un a cursif. L'F et le G sont parfois accompagnés, dans saint Luc, d'une queue recourbée ; dans saint Marc, l'E est fermé, tandis qu'il est ouvert dans saint Matthieu; les E fermés continuent dans le reste du manuscrit, mais, dans les inclpit et les expUcit, le scribe revient aux E ouverts. Le B est ouvert par en bas, la (jueue du P se prolonge parfois en un filament légèrement recourbé. /E est marqué par un E cédille. Dans les corrections de la première main on remarque des s minuscules et un d minuscule. La ponctuation est marquée par un point, placé indifféremment en haut ou en bas de la ligne ; on voit aussi le point et virgule, le même signe renversé, et trois espèces de points d'interrogation. De tout ce qui précède, il semble résulter que le
manuscrit a été écrit de plusieurs mains, et que chaque Evangile a été copié à part.
Fol. 1 r° : vacat. Au verso, les armes et la dédicace dont il sera questiou plus loin.
2 : Liber generationis... (Les mots : Christî autem generatio sic erat, i, 18, sont écrits en une onciale un peu plus grosse).
3G v° (capitale rustique) : Finit cuangeliiim kata [ta en minuscule) Matlieum.