‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 207 sur 340 · Scundum (sic) Lucam. Quoniam qitidem · texte numérisé non relu

Scundum (sic) Lucam. Quoniam qitidem

110 V® (deux hederœ) : Explicit euangeliam secundum Lucam. Incipit evangeliiun secundum Johannem. (La deuxième colonne et le fol. 111 sont vides.)

143 v° : Explicit cvangelium secundum Johannem. Le fol. 144 est vide.

Au verso du premier feuillet on voit les armes de France et d'Angleterre finement dessinées et ombrées en or; l'écu est supporté par un lion et un dragon. Ce blason est accompagné de la dédicace suivante, écrite d'une belle écriture d'or du xvi® siècle :

Fato servatus tibi sum, ter maxime princeps.

Te quoque servarunt aurea fata michi.

Instaurata nitent per te sacra dogmata, per te

Aurons est author Christus ubique meus.

Le blason royal d'Angleterre, qui est peint sur cette page, est attribué, sans aucune espèce de fondement, par le catalogue de la vente Hamilton à la main de Holbein. Quant aux deux distiques qui accompagnent cette peinture, on a pensé y reconnaître une dédicace de Léon X à Henri Ylll. Les mots instaurata dogmata, où l'on a vu une allusion au titre de Defensor fidei, ont donné une couleur de vraisemblance à celte attribution. M. Watlenbach a cru plus naturel d'attribuer au cardinal Wolsey les vers dédicatoires, tandis que le catalogue de la vente Hamilton insinue que les mots instaurata dogmata pourraient être plutôt une allusion à la Réforme : en ce cas, le roi dont il est question serait Edouard VL H n'est pas prouvé que le manuscrit de M. Irwin ait appartenu à Henri MIL Les armes royales qu'il porte donnent pourtant lieu de penser qu'il a appartenu à un roi d'Angleterre.

Peut-être ces vers pourraient-ils s'expliquer d'une tout autre manière. Je ne sais s'ils ne s'appliqueraient pas mieux \\ Charlemagne qu'à Henri VIH, et s'ils ne seraient pas la copie de l'inscription dédicatoire qui devait se trouver sur un feuillet qui a disparu. Le feuillet qui porte la dédicace a été en effet amputé de son pendant. Peut-être ce feuillet conlenail-il la dédicace adressée à Charlemagne par quelqu'un de ses familiers.

J'ai nommé Charlemagne, et en effet le manuscrit de M. Irwin ne peut être d'une autre épo(jue que du règne de ce prince. M. Watlenbach, on s'en souvient, a pensé reconnaître dans notre manuscrit un de ceux que le célèbre évèque d'York, Wilfrid, avait fait copier vers la lin du vu' siè-

LE MANUSCRIT d'OSWEGO. 261

cle et qu'il avait offerts au monastère de Ripon '. Ce système ne tient pas un instant devant l'examen du manuscrit, et nous ne le mentionnons que pour mémoire.

Le texte de notre manuscrit est une Vulgate mélangée d'un certain nombre de leçons étrangères, dont plusieurs sont rares ou paraissent uniques, soit par l'erreur du copiste, soit à cause de l'antiquité et du caractère original de notre texte *. Les textes avec lesquels notre manuscrit se rencontre le plus souvent, dans ses leçons les plus caractéristiques, sont les textes espagnols et surtout les textes irlandais et anglo-saxons \ Il ne viendra pourtant à l'idée d'aucun homme compétent de voir, dans les éléments irlandais ou saxons qui se remarquent dans le texte de notre manuscrit, la marque d'une origine northumbrienne. Nous savons en effet, par de nombreux exemples, combien était grande, sous le règne de Charlemagne, la dissémination des textes irlandais ou saxons dans le royaume des Francs et particulièrement dans le nord de la France. Notre texte paraît être un texte carolingien très ancien. Sur 269 passages collationnés, le manuscrit d'Oswego est en opposition 117 fois avec la bible de Bamberg ; 115 fois avec le Codex Vallicellianus ; 102 fois avec le manuscrit Arsenal 599;

87 fois avec la bible de Saint-Paul ;

81 fois avec les Évangiles de Lothaire ;

80 fois avec la première bible de Charles le Chauve ;

66 fois avec le manuscrit B. N. 17698 ;

65 fois avec le manuscrit B. N. 267 ;

64 fois avec la deuxième bible de Charles le Chauve ;

63 fois avec le manuscrit Harl. 2788;

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