Dummler, t. l,p
Et dans l'épitaphe d'Adrien I" :
Qaisque legas versus, devoto pectore supplex ', Enfin :
Jasserat liane aram palcliris ornare metallis *.
Malgré son nom littéraire de Flaccus, Alcuin avait la veine poétique peu variée, et aucun auteur ne s'est plus répété et plus copié que lui ^ C'est pourquoi nous ne voyons aucune difficulté à admettre que la dédicace du Codex Alix soit de lui. Si elle était d'un autre auteur, il faudrait croire que cet écrivain, admirateur exclusif d'Alcuin, avait sous les yeux la collection complète de ses poèmes. Il est plus simple d'attribuer sans ambages notre poème à Alcuin.
Quant à Ada, une tradition ancienne en fait une sœur de Cliarlemagne. Nous pouvons saisir l'origine de cette tradition. Un nécrologe de Saint- Maximin de Trêves, qui remonte au xii^ siècle, dit simplement: Vid. maii. Ada, Christi ancilla, que tnulta S. Maximino contulit hona. A la fin du XI 11^ siècle, une autre main écrivait dans le même manuscrit : Ada, ancilla Christi, soror magni Karoli régis, que magna bona nobis contulit. Un écrivain du xvii^ siècle, dont l'œuvre n'a pas été imprimée, le P. Willliem, a conservé le dessin du tombeau d'Ada à Saint-Maximin ; on y lit l'inscription : Ada, ancilla Christi, soror Karoli magni. Il place sa mort au il mai 809. Les auteurs sérieux n'accordent aucune espèce de crédit aux élucubrations de ce Père jésuite, qui a recueilli, sur Ada elle-même (c'est l'expression de M. Menzel), « toute sorte de fables ».
Les cartulaires de Lorsch et de Fulda sont remplis des noms d'Ada et Ata (Atun au génitif). Les donations inscrites sous ces noms se rapportent certainement à plusieurs personnes. Un seul de ces documents paraît s'appliquer à la c( servante de Dieu » pour laquelle le manuscrit de Trêves a été copié. « Ata, ancilla Dei », a donné à l'abbaye de Fulda, en 803, pendant la diète tenue par Charlemagne à Mayence, la nue propriété de sa maison sise dans celte ville \ Il n'est guère douteux que cette femme cliaritable ne soit celle dont nous rechercbons l'iiistoire \
Ada n'était pas la sœur légitime de Cbarlemagne : son nom est absolument inconnu des liistoriens. Quant à en faire, sur la foi de documents du xiii^ siècle, une fille naturelle de Pépin le Bref, dont Alcuin aurait tu
1. D.; Ilossi, L'Inscription du tombeau li Hadrien /•"■, composée et gravée en France par ordre de Charlemagne. {Mélanges d' Archéolojie et d'Histoire, t. Vlll, Uouu', 188S, et à part.)