Voyez pins haut. p
4. Codex dfpfoinatfcus Faldensis, ii" 1>0. cité par M. Menzel. p 14.
0. Je ne .sai.s d'où provient la tradition conservée |)ar le.s auteurs du Gaflin christiana (l. VU, |). ôOU) et d'aj)rès laquelle la (juatrièuie al)l)esse (IWrgenteuil aurait été Oda. sœur de Cliarlemagne, d'abord nonne à Saint-Maximin de Trêves.
MANUSCRITS EN LETTRES d'oR. 267
la naissance royale par une respectueuse pudeur', c'est montrer trop de ménagements pour la tradition locale, qu'il faut savoir contredire nettement. Ada était une femme âgée (mater), sans doute entrée en religion et qui a légué ses biens aux églises : c'est tout ce que nous pouvons savoir à son sujet.
Si Ada a pris en 803, dans la signature de l'acte de donation, le titre (Vancilla Dei, et s'il est probable, par la comparaison avec le poème consacré à Ava, que c'est Alcuin qui lui a donné ce nom, notre manuscrit est très probablement antérieur à l'an 803. Ce résultat est assez important pour excuser les longs développements qui précèdent.
Je décrirai plus brièvement les autres manuscrits écrits en lettres d'or.
Le manuscrit n° 599 de la bibliothèque de l'Arsenal est écrit en entier en une minuscule d'or qui ressemble quelque peu à l'écriture des bibles de Théodulfe. C'est à juste titre qu'on a parlé de la « riche simplicité » de ce manuscrit. Le texte appartient en général à la famille des manuscrits en lettres d'or; il présente des rapprochements particuliers avec le manuscrit Harléien, et d'autres, non moins nombreux et non moins saillants, avec le groupe des manuscrits de Tours. 11 peut être considéré comme une transition entre les uns et les autres. J'examinerai plus tard l'origine de ce manuscrit et la provenance qu'on lui attribue.
Les manuscrits qui vont suivre sont plus étroitement groupés entre eux, au point de vue de la décoration comme à celui du texte.
Le plus ancien sans doute est le manuscrit Harléien 2788, admirable spécimen d'un art qui s'éloigne peu de celui qu'on a appelé franco-saxon. Le texte est écrit en entier en onciale d'or. Chaque colonne est entourée d'un cadre d'or, mais à partir de saint Marc, on a de plus en 'plus économisé l'or dans les encadrements. Les peintures, fort belles, apparliennent à la même école que celles du Codex Adse.
C'est uniquement d'après les auteurs que nous parlerons des Évangiles d'Abbeville (n° 1 de la bibliothèque de la ville). A tous égards, ce manuscrit se rapproche beaucoup des Évangiles de Harley. 11 est écrit en or sur pourpre. Les canons aussi bien que les figures des évangélistes reproduisent à peu près exactement le type du manuscrit de Harley. Toutefois, comme le fait remarquer M. Janitschek, les types des évangélistes sont, pour ainsi dire, croisés : l'image de saint Luc est la reproduction exacte du saint Matthieu du manuscrit de Harley, Matthieu ressemble de très près au saint Jean et Jean au saint Luc de Harley ; saint Marc seul est à peu près semblable dans les deux manuscrits. On voit qu'il n'y avait pas, dans la tradition carolingienne, un type propre à chacun des évangélistes, et que leurs symboles seuls les distinguaient. Le manuscrit provient de Saint-Riquier ; d'après la tradition, il a été donné par Charlemagne au célèbre abbé de ce couvent, Angilbert. — Élève d'Alcuin et