‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 213 sur 340 · Liber poiitijicalis, Léon UI (Diicliesn^, t. [l, p · texte numérisé non relu

Liber poiitijicalis, Léon UI (Diicliesn^, t. [l, p

3. H. Lepage, LWbbbaije de Saint-Martiii-deuaiit-Metz. [Mém. de la Soc. d ai diéol. lorraine, 3*^ série, t. VI. 1878, p. 109.) Gouipar.^z Kraiis, Kuiist a. Àllerlhuni in Elsass-LoUiringeii, t. III. p. 708, et Ada-lfandsclir., p. 83.

4. Le nom de Saint-Martin « aux Champs » n'est pas ancien; il ne se trouYo pas dans les documents,

6. Baluze, Capitularia, t. II, col. 1279; Mabillon, .1.1. SS. 0. S. B., t. IL p. G2j. Meurisse, p. 27, attribue à Saint-Martin-devant-Metz la première bible de Charles le Chauve..

G. La confusion entre Saint-Martin de Tours et Saiut-Martin-devaul-Melz est tellement habituelle aux. auteurs, que M. Lepage a pu appliquer à celte dernière abbaye une description poétique de la basilique de Tours. II n'est pas possible de ne pas relever la confusion faite par le même écrivain, après beaucoup d'autres, entre les Evangiles d(! Lothaire et la j)reniière bible de Charles le Chauve. C'est avec ces malentendus accumulés (ju'a été écrite l'histoire de Saint-Marlin-devant-.Melz. L'opinion d'après la([ut'lle les rois de France auraient été chauDÏnjs de cette abbaye n"a pas d'antre fondement. En réalité, on ne sait pr«isquc rien sur les destinées anciennes de l'abbaye de Saint-.Martin-devant-Metz. Cette abbaye ne doit pas entrer en compte, à répo([iie (|ui nous oecu|).', dans l'histoire littéraire et arlisli(iue de Mjtz, encore moins dans riiisloire de l'empire franc.

ORIGINE DES MANUSCRITS EN LETTRES d'oR. 271

taie d'or ', a été certainement exécuté pour l'église de Metz, très probablement sous le pontificat du fils naturel de Charlemagne, Drogon, qui occupa le siège de Metz de 826 à 855,

2'' Les Évangiles B. N. 9383, écrits en capitale d'or sur pourpre, <<; ont été exécutés pour Tusage de l'église de Metz ».

3° Le manuscrit 599 de l'iVsenal provient de Saint-Martin-aux-Champs devant Metz.

Le premier argument ne prouve rien. En effet, si même il était nécessaire qu'un manuscrit destiné à l'usage du culte eût été exécuté dans l'église à laquelle il devait appartenir, la date du pontificat de Drogon suffirait à nous rappeler que le manuscrit qui porte scn nom est d'une autre époque que les plus récents mêmes de nos manuscrits. Au reste, la paléographie du sacramentaire de Drogon est absolument différente de celle des manuscrits dont nous parlons.

La deuxième preuve est tirée d'un contre-sens. Il n'y a aucune raison de penser que le manuscrit B. N. 9383 ait été copié « pour l'usage » de l'église de Metz. M. Delisle, que M. Janitschek a mal compris, dit qu'il a été c( à l'usage » de cette église, ce qui est tout autre chose. Or, on n'estimera sans doute pas que tous les manuscrits qui ont appartenu à la grande et riche église de Metz aient été nécessairement copiés dans la ville ou sous ses murs. Nous avons bien des preuves du contraire.

Enfin le manuscrit de l'Arsenal n'a rien à faire avec Saint-Marlin-devant- Metz. Ce n'est pas à Saint-Martin « aux Champs », c'est à Saint-Martin « des Champs » que l'on attribue ce manuscrit, encore cette provenance est-elle fort douteuse \ Quoi qu'il en soit, le nom de l'abbaye située sous les murs de Metz ne figure ici que par une pure confusion.

On voit qu'il ne reste rien des preuves que l'on a données de l'origine messine des manuscrits en lettres d'or.

L'école de Tours pourrait présenter des titres plus sérieux à la paternité de nos manuscrits chysographiques.

Les Évangiles d'Oswego ont conservé, ainsi que nous l'avons reconnu, un texte mêlé qui présente des rapprochements frappants avec les textes irlandais et anglo-saxons, que nous avons trouvés établis sur les bords de la Loire à la fin du viii*' siècle. Nous avons reconnu d'autre part, dans ce manuscrit, les traces d'une ancienne division en chapitres de l'Évangile de saint Jean, qui ne se retrouve à peu près dans aucun manuscrit anté-

1. B. N. 9428. — Voyez Delisle, Mémoire sur (V anciens sacramentaires, p. 100 ; Ada-Handschr., p. 92, et les auteurs cités par M. Delisle.

2. Cette attribution, qui a été acceptée par M. de Bastard, n'a pas d'autre fondement qu'une note de l'écriture de Pierre Varin (vers 1848). 11 y avait autrefois à Saiiit- Martin-dos-Ghamps un manuscrit des Évangiles en lettres d'or « dii temps de Charlemagne ou du moins de Charles le Chauve » (R. Simon, Histoire des versions dn Nouveau Teslanient, 1690, p. 112), mais il n'est pas probable que ce manuscrit soit à reconnaître dans celui de l'Arsenal. Ce dernier, en effet, provient de M. de Paulmy, qui n'a possédé aucun manuscrit venant de Saint-Martin-des-Champs.

rieur au xi® siècle, sinon dans les anciennes versions et dans les manuscrits copiés à Tours. En outre, le manuscrit de M. Irwin a cette ressemblance avec le manuscrit d'Adalbald (B. N. 17227), que, seuls au ix* siècle, ces deux manuscrits n'ont ni préfaces, ni arguments, ni canons, ni sommaires, ni aucune division en chapitres (à part quelques numéros de chapitres, égarés dans l'Évangile de saint Jean du manuscrit d'Oswego).

Le manuscrit de Saint-Martin de Tours (Tours 22), dont il va être parlé, et le manuscrit de Marmoutier (Egerton 609) n'ont pas non plus de sommaires et ne sont pas divisés en chapitres.

La capitale rustique, que nous admirons dans plusieurs de nos manuscrits', est exactement la même dont la tradition s'est conservée dans les manuscrits de l'école de Tours. Il est vrai que cette écriture est ancienne et ordinaire dans les manuscrits. L'onciale ressemble beaucoup à celle de Tours, sans y être identique. La semi-onciale est absente et la minuscule diffère profondément, comme il était naturel qu'il en fût avant la réforme d'Adalbald.

On a négligé jusqu'à présent, dans l'énumération des manuscrits écrits en lettres d'or, un manuscrit des Évangiles qui paraît présenter une certaine analogie avec ceux dont nous nous occupons.

Ce manuscrit a été, selon toute apparence, copié à Tours, où il n'a jamais cessé d'être conservé : c'est le célèbre manuscrit de Saint-Martin de Tours-.

Il ne faut pourtant pas trop insister sur cette ressemblance, qu'un examen plus détaillé ne confirmerait probablement pas, car, au point de vue du texte, le manuscrit de Saint-Martin forme groupe avec les manuscrits de Tours, et nullement avec les Évangiles chrysographiques ^

Enfin le manuscrit d'Ada est accompagné d'une dédicace dans laquelle il n'est guère possible de ne pas reconnaître la plume d'Alcuin. Il ne peut s'agir ici d'une imitalion, car, à l'époque où ce manuscrit a été écrit, Alcuin vivait encore, et la collection de ses œuvres poétiques, que nous devrions supposer entre les mains du compilateur, n'était pas faite ou n'était pas sortie de ses mains.

D'un autre côté, l'hypothèse qui ferait venir de Tours nos manuscrits rencontre des objections très sérieuses, tirées autant de la décoration de

1. Voyez eu particulier le Jac-simile de la dédicace du Codex Ailœ : Ada-Humlsclir.. \). 3.

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