‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 215 sur 340 · LES ÉVANGILES DU SACRE · texte numérisé non relu

LES ÉVANGILES DU SACRE

Il faut ajouter que les sommaires des Évangiles, dans les manuscrits en lettres d'or, sont identiques à ceux que nous retrouverons dans les manuscrits franco-saxons. Tous reproduisent exactement les mêmes sommaires que la deuxième bible de Charles le Chauve, excepté le Codex Adse, qui est, comme on sait, un manuscrit retouché et qui présente, pour saint Matthieu, un sommaire différent des autres manuscrits : il est suivi en cela par les Évangiles d'Ebbon et par le manuscrit de Beauvais (B. N. 179G8).

Pour nous résumer, il n'y a qu'une seule objection à l'hypothèse qui ferait sortir de l'atelier d'Alcuin les manuscrits en lettres d'or, mais cette objection est très grave : Est-il croyable que les successeurs d'Alcuin aient tenu si peu de compte de ses traditions et de ses exemples? Encore faudrait-il séparer de l'école chrysographique le plus ancien des manuscrits en lettres d'or, le manuscrit d'Oswego, qui est, selon toute apparence, antérieur à l'époque où a été fondée l'école de Saint-Martin de Tours.

Mais nous n'avons pas tout dit sur la chrysographie de l'époque de Charlemagne. Nous n'avons pas parlé encore de plusieurs manuscrits en lettres d'or, en tête desquels figure le livre d'Évangiles que l'on prétend avoir été trouvé sur les genoux de Charlemagne, lorsque Othon III ouvrit son tombeau'. Ce célèbre manuscrit est conservé au Trésor impérial (Schatzkammer) de Vienne, avec les insignes du Saint-Empire romain, autrefois gardés à Aix-la-Chapelle. On lui donne le nom d' « Évangiles du sacre», parce que c'est sur ce volume que les empereurs prêtent serment. Le chevalier d'Arneth en a publié la description en 1864, mais aujourd'hui il n'est pas facile, paraît-il, d'être admis à l'étudier de près, à cause de l'état de dégradation où il est. Nous ne pouvons donc parler que de sa décoration. C'est assurément un des plus beaux produits de l'art du haut moyen âge. A vrai dire, l'art de ce manuscrit est encore l'art romain dans toute sa beauté et, à cet égard, aucun autre manuscrit biblique ne peut lui être comparé, sinon deux célèbres livres d'Évangiles écrits à Canterbury\ Les évangélistes, dont deux sont imberbes, sont représentés sans leurs symboles, dans un cadre fort simple. Le texte des Évangiles est écrit en or sur pourpre ; les titres sont écrits en argent ; les paroles divines sont en onciale et le reste en minuscule. Les initiales sont très simples et ornées à peine de quelques entrelacs. Les sommaires des Evangiles, dans ce beau manuscrit, sont ceux de l'école chrysographique que nous venons d'étudier.

1. Maiiibus evaagelionim teneba^. codicem lamiais aitreis contectiun et in cœruleo papijro aureis exaratuni lUieris. Ipsius Caroli emciidatus opéra studioque/erlur, atque ille ipse in ecclesia hodie/ue servaiur, quo coiitacto solemne est Cœ.mres, dum iaauquraatur, suo jiirejiirando fidsm confinnare (B. Fisen, Historiarum ecclesiœ Leodiensis partes U^ Liège, 169G, iii-fol., t. I. p. 157). Il n'eSt pas question du livre d'Évangiles dans le récit de la Chronique de Novalèse

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