‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 216 sur 340 · CCCC. 28G et Boil. 837. — Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

CCCC. 28G et Boil. 837. — Voyez ci-dessus, p

M. d'Arneth et M. Janitschek rapprochent du type décoratif des Évangiles du sacre un manuscrit de Bruxelles (n° 18723), qui provient de Saint-Victor de Xanlen ', et un manuscrit qui paraît être un Cornes (c'està-dire un évangéliaire liturgique) et qui est conservé au trésor d'Aix-la- Chapelle ^ Le même style se retrouve encore (c'est M. P. Durrieu qui en a fait le premier la remarque) dans un manuscrit du ix^ au x® siècle, B. N. 265 \ L'art de ce manuscrit est fort grossier, mais le type des évangélistes est le même que dans le manuscrit du sacre.

Il faut mentionner ici le psautier envoyé par Charlemagne à xVdrien I" et qui est copié ^n une très gracieuse minuscule d'or. Ce manuscrit, que je n'ai pas vu, est conservé, sous le numéro 652, à la Bibliothèque impériale de Vienne. 11 est antérieur à l'année 795, où mourut le Pape. 11 est précédé d'une dédicace :

Hadriaao summo Piipœ patrique beato Rex Carolas salve mando valeque, pater,

et il est signé du copiste Dagulfus :

Exigui famuli Dagulfi sume laborem.

Un doute a été émis sur l'origine de ce manuscrit. Le roi Carolus qui l'a dédié au pape ne serait-il pas Charles le Chauve, et le pape qui l'a reçu n'est-il pas Adrien II ?

Nous devons pourtant croire, d'après la paléographie de ce beau manuscrit, que c'est bien de Charlemagne et d'Adrien P"" qu'il porte le nom \

On n'en finirait point si l'on voulait énumérer tous les manuscrits chrysographiques de l'époque carolingienne. Les Évangiles d'Ebbon, dont nous parlerons tout à l'heure, sont écrits en entier en lettres d'or. Il en est de même du manuscrit inachevé de Boulogne. Il ne faudrait pas oublier non plus le manuscrit de Sainte-Geneviève, aujourd'hui n° 2797 de la Bibliothèque Ilarléienne, connu par la publication que le P. J. Fronteau a faite du Capilulare evangeliorum qui le termine. Mais ce manuscrit est sans doute de la seconde moitié du ix° siècle, et nous ne pouvons l'étudier en ce moment.

Nous avons assez parlé des manuscrits en lettres d'or du règne de Charlemagne et nous n'avons que trop fait voir tout ce qui nous reste à apprendre à leur sujet.

Cette revue achevée, nous reprenons la question de l'origine des ma-

1. Voyez ]\lai'clial. Bullclin de r.icadchuc royale de Belgique, [. Il, i, 18 ii, p. 330; Ada-IJaiidschr., p. 73.

2. Voyez Ada-Handschr., p. 74 et pi. xxii et x\ui. et Particle du P. Beissel eitt^ par RI. Janitschek.

• 3. Voyez Ada-IIandsclu/Jl, p. 94.

A. C.-A. Swaiiisou, llic ISiccne and Aposlles Creeds, ls7ô,p. 199 et 373. Voyez le fac-similé, Sllvestre, pi. cxxii.

l'école palatine, ^17

nuscrits écrits en lettres d'or. Nous en rappellerons les principaux éléments.

l'' Les manuscrits chrysographiques remontent, pour le plus grand nomhre, au règne de Charlemagne, et même à la première partie de ce règne. Les Évangiles d'Oswego paraissent dater du commencement du règne de Charlemagne, l'évangéliaire de Godescalc a été copié entre 781 et 783, le psautier d'Adrien P'', s'il lui appartient réellement, est antérieur à 7D5, un manuscrit des Évangiles, qui était peut-être écrit de même, a été offert à Léon III en l'an 800, le Codex Aclsn paraît antérieur à 803, et le manuscrit de Saint-Riquier a été écrit avant 814.

2'' Ces manuscrits ne se laissent pas facilement localiser. Ils sont dispersés partout où l'inlluence royale s'est fait sentir, et s'il est une région où nous les rencontrons plus souvent, c'est sur les bords du Rhin et de la Moselle.

3° Alcuin ne paraît pas étranger à l'exécution d'un des plus beaux parmi ces manuscrits, le Codex Adse. Les Évangiles d'Oswego présentent également certaines ressemblances dignes d'attention avec les manuscrits copiés dans l'école de Tours.

4*^ L'école de Tours n'en doit pas moins être écartée, du moins pour ce qui concerne les manuscrits les plus anciens, car elle n'était pas encore fondée. Elle ne date en effet que de 796. La principale famille des manuscrits en lettres d'or montre également une tradition calligraphique et artistique entièrement différente de celle qui a été conservée à Tours. Or nous ne savons aucune abbaye où la vraisemblance nous permette de mettre, au commencement du règne de Charlemagne, une aussi imporportanle fabrique de manuscrits et une école artistique aussi développée.

Les observations qui précèdent ne laissent place qu'à une seule conclusion. Le lecteur l'a déjà pressentie. Aussi bien, une conjecture de M. Janitschek, quant à l'origine des Évangiles du sacre, nous y amène naturellement. Il est probable que le plus grand nombre des manuscrits en lettres d'or sont sortis de l'école palatine. L'école palatine, en effet, fut dirigée, à partir de 78:2, par Alcuin, qui n'avait pas encore fondé l'école de Tours. Toutes les dates et toutes les vraisemblances concordent avec cette hypothèse, que nous devons considérer comme fort près de la vérité.

Il appartiendra à une recherche paléographique plus approfondie et à une étude plus détaillée de ceux des manuscrits en lettres d'or que nous n'avons pas vus, de donner, s'il y a lieu, plus d'autorité à la conclusion que nous venons d'avancer et de la formuler plus nettement.

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