Voyez p
4. Celte couihinaison de sommaires ne se reiioonlre dans aucun manuscrit, sinon dans le manuscrit llaii. 2S2G, tViit cnlre le ix" d le x*-' siècle et (jui était dès le x" siècle dans ralili.'iye (rKller iKId-a)^ sur la Moselle. Les canons de ce manuscrit sont il raiiproclur du nianuseril d'Kltlxui.
LA BIBLE d'hincmar. 281
31 fois contre le manuscrit B. N. 257, et 28 fois seulement contre le manuscrit 357 de Lyon.
Il semble résulter de ces chiffres que nos deux manuscrits sont beaucoup plus rapprochés des manuscrits chrysographiques les plus récents que des anciens, et que celui des deux qui s'en rapproche le plus est le manuscrit de Beauvais.
Ici une question se pose naturellement à nous. Soissons est dans la province ecclésiastique de Reims. Ebbon était sans doute auprès de l'autel de Saint-Médard lorqu'au jour de Pâques de l'an 827, Louis le Débonnaire offrit à l'abbaye le précieux manuscrit des Évangiles avec lequel la bible d'Ebbon présente une si étroite ressemblance. Les Évangiles d'Ebbon auraient-ils été copiés sur le manuscrit de Saint-Médard? Il n'en est très probablement rien. L'étude du détail du texte n'est pas favorable à cette hypothèse, laquelle, de toute manière, n'est vraisemblable qu'en apparence. Les Évangiles de Saint-Médard n'ont certainement jamais été prêtés aux moines de Hautvillers, et ceux-ci ont eu entre les mains d'autres modèles, tant pour le texte que pour l'ornementation. Mais le texte de l'un et de l'autre manuscrit est le texte courant du commencement du IX® siècle : ceci est un fait constant.
Il convient de ne pas séparer du nom d'Ebbon celui de son éminent successeur Hincmar. C'est pourquoi nous mentionnerons ici la bible qui a été donnée par Hincmar à la cathédrale de Reims. Elle est conservée à la bibliothèque de la ville de Reims sous les numéros 1 et 2. A la fin d'un certain nombre de cahiers, on lit les mots : Hincmarus archiepiscopus (ledit sanctse Marise Remensis ecclesise. Cette note, inscrite probablement avant que le volume ait été relié, paraît présenter toutes les garanties d'authenticité. Mais quand même la bible de Reims ne porterait pas le nom d'Hincmar, elle devrait figurer ici, car les canons des Évangiles semblent montrer les mêmes caractères que ceux du manuscrit de Hautvillers : ils sont inscrits sous un beau péristyle corinthien.
Quant au texte de la bible d'Hincmar, un mot le décrira : autant que nous pouvons le savoir, c'est le texte du Codex Vallicellianus. Les som maires, les préfaces, et à peu près toutes les leçons de ce texte que nous avons pu relever s'accordent parfaitement avec ce fameux manuscrit. Hincmar a été archevêque de Reims de 845 à 882, et, à en juger par l'écriture, la bible de Reims a probablement été écrite à la fin de son pontificat. La tradition du texte d'Alcuin était donc depuis longtemps perdue à Tours, lorsque Hincmar en établit l'autorité dans la plus illustre église de France. Au reste, nous savons que le Codex Vallicellianus ne représente pas le texte même d'Alcuin ; c'est le type des textes alcuiniens du nord de la France.
La bible de Reims n'est pas le seul manuscrit biblique qu'Hincmar ait donné à sa cathédrale ou aux églises de Reims. Nous lisons dans Flodoard qu'il avait donné à l'église de Reims un riche manuscrit des Évangiles :
Evangelium aureis argenteisque describi fecit litteris, aureisque munivit tabulis, et gemmis distinxit pretiosis, his quoque versibus insignivit :
Sancta dei genitrix et seniper virgo Maria, Hincmarus praesul defero dona tibi... '.
Le P. Lelong' a reconnu le manuscrit mentionné par Flodoard dans le n° 38 de la bibliothèque de Reims. C'est un beau manuscrit écrit en argent sur pourpre, et où l'on ne trouve pas la semi-onciale de l'école de Tours. On attribuait aussi à Hincmar, au temps du P. Lelong, le don d'un manuscrit du Pentateuque, qui commençait au dernier chapitre de la Genèse. Ce manuscrit, qui appartenait à la bibliothèque de la cathédrale, datait seulement, d'après Lelong ou plutôt d'après son correspondant, de la fin du IX® ou du commencement du x*' siècle. Je ne crois pas qu'il soit conservé, non plus que le manuscrit des Évangiles qu'Hincmar avait donné à l'abbaye de Saint-Remi et dont la première page était ornée, ainsi que le commencement des trois derniers Évangiles, de grandes initiales d'or peintes sur parchemin pourpré. Ce manuscrit occupait, au temps du P. Lelong, le numéro 17 à la bibliothèque de Saint-Remi.
On voit que le célèbre métropolitain n'avait pas laissé chômer la tradition inaugurée par Ebbon.